Guerres & Histoires No. 58

Guerres & Histoires, le nouveau trimestriel de la gamme Science & Vie, met l’accent sur les principaux conflits qui ont marqué notre histoire. Il s’attache ainsi à livrer une explication claire sur les protagonistes des grandes guerres, leurs stratégies et leurs technologies d’armement.

Leer Más
País:
France
Idioma:
French
Editor:
Reworld Media Magazines
Periodicidad:
Bimonthly
US$ 6,24
US$ 28,79
6 Números

en este número

4 min.
édito

Il y a quelques numéros de cela, nous nous sommes attardés sur la défaite française de 1940. Dans ce no 58, c’est le 1940 de la Prusse qui fait notre dossier : les défaites de Iéna et d’Auerstaedt, les 13 et 14 octobre 1806, suivies d’une poursuite dévastatrice jusqu’à la Baltique. Cette double bataille a mis en présence au même endroit et au même moment, sans qu’ils le sachent, quatre personnages importants dans l’ordre de l’esprit. Deux d’entre eux deviendront les penseurs de la guerre les plus importants du XIXe siècle et au-delà : Jomini et Clausewitz. Antoine Henri, baron de Jomini (1779-1869), Vaudois mais colonel dans l’armée française, est premier aide de camp du maréchal Ney, sous lequel il sert à Iéna au 6e corps, au centre du dispositif.…

29 min.
nénesse, un légionnaire dans l’indochine en guerre

G&H: Qu’est-ce qui vous pousse à vous engager dans la Légion ? Ernest Frouart : À la Libération, avec un copain d’école, on monte à Paris pour nous engager dans la marine. On est alors en pleine épuration. Comme j’ai appartenu à une organisation antinationale, les Jeunes du Maréchal, un mouvement de type scout qui travaillait avec la défense passive, je ne pouvais pas m’engager. On m’a donc renvoyé chez moi. Vous ne renoncez pourtant pas à l’armée... Non, je commence la préparation militaire obligatoire encadrée par des officiers et sous-officiers de réserve. Après trois mois d’entraînement, on passe des épreuves, à Amiens, à la caserne Friant. Les mieux classés choisissent l’arme dans laquelle ils veulent servir . C’est un très bon truc, et ça a été mon cas. Vous pensiez déjà à la…

guehisfr201201_article_006_01_01
1 min.
la route de nénesse

La carte des tribulations d’Ernest Frouart épouse étroitement celle du corps expéditionnaire français en Indochine. Le Nord du Viêtnam – le protectorat du Tonkin – est le plus représenté par le nombre et l’importance des engagements. Rien d’étonnant à cela : la région présente le maximum d’objectifs stratégiques pour les deux adversaires. Le duo Hanoi/Haiphong est la capitale économique et administrative, le delta du fleuve Rouge le grenier à riz, et la longue frontière avec la Chine la zone à contrôler absolument. Le légionnaire Frouart participe ainsi aux affaires les plus sanglantes des années 1950 (les combats sur la RC4), 1951 (la bataille du delta, notamment Nghia Lo) et 1952 (opération Lorraine, installation de la base de Na San). Il passe aussi par le Cambodge, le Laos et la Cochinchine.…

guehisfr201201_article_011_01_01
1 min.
l’avis de la rédaction

Un personnage, ce Nénesse Frouart ! Son récit en dit long sur le drame d’Indochine, où la France mène une guerre de pauvres, malgré l’appui américain à partir de 1950. Tout ne tient que sur l’engagement permanent d’unités d’élite – Légion et parachutistes – qui elles-mêmes ne tiennent qu’en faisant preuve du plus grand esprit de sacrifice et de ce sentiment de fraternité partagée avec les « copains ». Le rythme des opérations est effrayant, l’usure des hommes, du matériel et des unités à l’avenant. Rien n’entame pourtant le moral de notre témoin qui, sans cacher ses parti pris idéologiques – ni son option maréchaliste à l’adolescence –, se définit avant tout comme un professionnel de la guerre. Il est typique de ces jeunes gens dont la fibre militaire est…

guehisfr201201_article_012_01_01
9 min.
actus

NANTES REFUSE LA CENSURE CHINOISE Voilà plusieurs années que le musée d’histoire de Nantes préparait une exposition consacrée au conquérant mongol Gengis khan (1162-1227) dont l’immense empire s’étendait jusqu’aux portes de l’Europe médiévale. L’événement s’appuyait jusqu’ici sur une collaboration avec le musée chinois de Hohhot, en Mongolie intérieure, et devait s’ouvrir en octobre au château des ducs de Bretagne. Une première fois reporté en 2021 pour cause de crise sanitaire, il l’est une nouvelle fois aujourd’hui, jusqu’en 2024, et la pandémie n’y est cette fois pour rien. Selon le communiqué du directeur Bertrand Guillet, il est en effet consécutif « au durcissement, cet été, de la position du gouvernement chinois à l’encontre de la minorité mongole » ayant eu pour effet collatéral des tentatives de censure des autorités vis-à-vis du contenu…

guehisfr201201_article_014_01_01
3 min.
un karlsruhe peut en cacher un autre ; un trésor nazi aussi

Par sa proximité relative et son poids mémoriel écrasant, il est peu de dire que la Seconde Guerre mondiale se rappelle fréquemment à notre bon souvenir. Trois dossiers récents semblent converger pour réveiller l’imaginaire des amateurs de mystères et de coïncidences : où il est question non pas d’une, mais de deux épaves de navires allemands nommés Karlsruhe et non pas d’un mais de deux « trésors nazis » sur le point – allez savoir – d’être enfin retrouvés. Et s’il fallait couronner le tout, la Pologne est le théâtre de deux de ces trois affaires. Commençons par le plus trivial. Il était une fois un croiseur de 7 000 tonnes nommé Karlsruhe, dernier d’une série de trois « K » construits sous la république de Weimar et hérités par la…

guehisfr201201_article_015_01_01