Guerres & Histoires No. 59

Guerres & Histoires, le nouveau trimestriel de la gamme Science & Vie, met l’accent sur les principaux conflits qui ont marqué notre histoire. Il s’attache ainsi à livrer une explication claire sur les protagonistes des grandes guerres, leurs stratégies et leurs technologies d’armement.

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País:
France
Idioma:
French
Editor:
Reworld Media Magazines
Periodicidad:
Bimonthly
US$ 6,24
US$ 28,79
6 Números

en este número

3 min.
edito

Un peu par hasard, ce nouvel opus de G&H met en présence plusieurs articles qui tutoient l’actualité. Le témoignage exclusif de Leonid Berenstein, partisan communiste de la Seconde Guerre mondiale, nous rappelle que les Ukrainiens ont eu des comportements fort variés face à l’occupant allemand et aux représentants du pouvoir soviétique. « On sentait de l’hostilité dans les régions occidentales de l’Ukraine, se souvient le vieux combattant que nous sommes allés interroger en Israël. Ça pouvait aller jusqu’à des escarmouches avec la population locale ». Cette hostilité aux partisans rouges – perçus comme « des Grands-Russes chauvins » comme disait Lénine – concerne toute la rive occidentale du Dniepr, où les populations sont plus paysannes, plus religieuses et plus nationalistes que dans la partie orientale de la république, mitoyenne de la…

25 min.
leonid berenstein, officier et partisan soviétique en ukraine

G&H: De quelle région êtes-vous originaire ? Leonid Berenstein : Je suis né en 1921 dans un petit village du gouvernement de Podolie, en Ukraine occidentale. Mon père, Haïm, était horloger. Il est décédé quand j’avais 5 ans. Ma mère a dû se mettre au travail. En 1932, à cause de la famine, nous avons déménagé à Kiev, où elle s’est remariée. Mon beau-père, un brave homme, a beaucoup fait pour mon éducation. Vous souvenez-vous de la famine ? Ah, vous ne pouvez pas imaginer comme c’était horrible! Tous les matins, des chariots passaient dans les rues pour ramasser les cadavres allongés près des maisons. Ah, je ne veux pas en parler! Vous parliez de votre éducation… Oui, mon beau-père était un homme simple mais il aimait lire et il me poussait à l’imiter. Moi,…

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1 min.
¼¼ l’avis de la rédaction

Superbe témoignage, qui recoupe bien ce que l’on sait du mouvement des partisans soviétiques. Les tout premiers noyaux ont été formés dès 1941 autour d’officiers et de soldats pris dans les grands encerclements. Dénués de tout, ils n’ont pas été actifs avant l’été 1942, après que les premières aides sont venues de Moscou, comme cet officier du NKVD et ces mines signalés par notre témoin. Tous les chiffres de pertes infligés aux Allemands sont à prendre avec la plus extrême précaution. Ainsi nous n’avons trouvé aucune trace de cette histoire de 130 tankistes SS tués à Balakleya. L’essentiel de l’activité des partisans consistait – et cela transparaît bien ici – à s’emparer de vivres aux dépens des paysans et à liquider les collaborateurs et, d’une façon générale, tous les ennemis…

12 min.
actus

COMME ÇA SE PRONONCE Près du Loch nan Uamh, au sud de l’Écosse, se tient une propriété ayant jadis appartenu à Alasdair MacMhaighstir Alasdair, connu comme poète et tuteur du prince jacobite Charles Édouard Stuart, « Bonnie Charlie » (1720-1788), prétendant au trône d’Écosse et d’Angleterre jusqu’à l’écrasante défaite écossaise de Culloden en avril 1746. C’est avec de simples détecteurs de métaux qu’on y a récemment mis au jour une cache contenant 200 balles de mousquets ainsi que des pièces et des boutons en or. La nature et la situation même de ces objets en font de vraisemblables reliques des envois d’armes françaises à destination de la rébellion jacobite. « Ces armes étaient distribuées et cachées localement », explique Paul Macdonald, l’un des découvreurs. Le 30 avril 1746, les navires Mars…

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7 min.
la première guerre du haut-karabagh

Les armements, souvent anciens mais néanmoins efficaces,proviennent essentiellement des stocks abandonnés par l’armée soviétique. Les combattants, sans grande expérience sur le plan militaire, s’affrontent dans un cadre géographique somptueux. Les positions sont tenues avec une décontraction et un amateurisme qui trahissent un manque flagrant de formation au combat. En 1988, le mur de Berlin n’est pas encore tombé et l’Union soviétique passe encore pour la seconde superpuissance mondiale. Mikhaïl Gorbatchev tente de garder le contrôle de la vague de réformes qu’il a initiée avec sa politique de perestroïka et de glasnost (transparence). Mais l’Empire se lézarde et parmi les soubresauts internes, le réveil des entités nationales rouvre de vieilles plaies interethniques parmi les populations du Caucase. Le Haut-Karabagh est depuis les années 1920 une région administrative (oblast) autonome à forte majorité…

guehisfr210201_article_018_01_01
12 min.
vos questions à la une

DENIS PELTIER, FONTAINE-LE-COMTE (86) La valeur militaire de Wellington n’est-elle pas surestimée? Au contraire, on peut avancer que l’historiographie française néglige la valeur militaire de Wellington. Or c’est un excellent tacticien capable de repérer les points forts d’une position comme à Bussaco en 1810, de gérer les situations de crise en redéployant ses forces comme à Fuentes de Onoro en 1811, ou de profiter des erreurs de son adversaire pour l’attaquer en flagrant délit de manœuvre comme à Salamanque en 1812. Wellington est également un stratège talentueux. Sa défense du Portugal en 1810 grâce aux fortifications de Torres Vedras et son offensive de 1813 qui libère l’Espagne démontrent sa maîtrise de la gestion complexe des opérations, fondée sur une planification rigoureuse et des renseignements fiables. Surtout, Wellington est un « général politique…

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