Guerres & Histoires HS No. 3

Guerres & Histoires, le nouveau trimestriel de la gamme Science & Vie, met l’accent sur les principaux conflits qui ont marqué notre histoire. Il s’attache ainsi à livrer une explication claire sur les protagonistes des grandes guerres, leurs stratégies et leurs technologies d’armement.

País:
France
Idioma:
French
Editor:
Reworld Media Magazines
Periodicidad:
Bimonthly
US$ 6,24
US$ 28,79
6 Números

en este número

3 min.
édito

L’Histoire est l’étude du changement. S’il ne se passait rien, il n’y aurait pas d’Histoire. Mais pourquoi y a-t-il du changement ? Sont-ce les décisions des hommes, ou la célèbre et indescriptible « force des choses », qui produisent le changement ? L’idée d’un événement historique entièrement intelligible parce qu’entièrement déterminé n’a plus la cote depuis longtemps. Elle suppose, en effet, soit que les acteurs sont conduits à leur insu par des forces aveugles autant qu’irrésistibles, soit, à l’inverse, qu’ils décident en toute connaissance de cause, c’est-à-dire avec la meilleure information possible. La guerre, la bataille sont des événements qui obéissent à la décision d’un homme ou d’un groupe d’hommes. On déclare la guerre, on cherche, on accepte, ou on refuse la bataille. Et ce « on », c’est quelqu’un…

17 min.
venise avait sauvé constantinople?

Agrégé d’Histoire, Sylvain Gouguenheim est professeur d’Histoire médiévale à l’École normale supérieure de Lyon. Il s’intéresse à l’histoire de l’Ordre teutonique, de l’Allemagne et de la Pologne médiévales, en particulier les aspects stratégiques et politiques. Il a également consacré des travaux aux apports du monde byzantin à la civilisation latine. Il a publié en 2015 une biographie de Frédéric II de Hohenstaufen aux éditions Perrin et en 2017 La Gloire des Grecs (éditions du Cerf). Ce matin du 27 mai 1453, Constantin XI Dragasès contemple avec chagrin l’ennemi entourant de sa masse innombrable les murailles de sa ville. Le siège, qui dure depuis plus de 50 jours, touche à son terme. Constantinople est sur le point de tomber. Se préparant à mourir les armes à la main, le dernier basileus passe…

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1 min.
l’armée du sultan : bachi-bouzouks, janissaires et mercenaires

L’armée de Mehmet II, supérieure à celles des royaumes chrétiens, était composée en majorité de troupes régulières d’origine anatolienne (cavalerie lourde, infanterie d’élite, artillerie, mineurs et sapeurs, gardes personnels du sultan). Elles étaient assistées de troupes irrégulières (mercenaires, cavalerie légère), dont des chrétiens convertis de force (Arméniens, Hongrois…) ou attirés par la promesse du butin tels les Serbes du roi Georges Brankovitch. Les janissaires (voir G&H no 11, p. 78), environ 10 000 hommes, en constituaient l’élite. Ces hommes étaient le fruit du « devchirmé », pratique consistant à enlever des enfants chrétiens grecs, albanais ou serbes à leurs familles. Convertis à l’islam, soumis à une discipline implacable et dotés de privilèges, ils étaient universellement redoutés. Les cavaliers bachi-bouzouks, (du turc ba??bozuk = « têtes non standardisées ») étaient des…

1 min.
les murailles de constantinople

Constantinople avait la forme d’un trapèze dont la grande base, à l’ouest, reliait le palais des Blachernes à la porte d’Or. La petite base à l’est longeait la mer de Marmara. Au sud, un simple rempart, protégé par les bas-fonds marins. Au nord, la muraille longeait l’estuaire de la Corne d’Or, lui-même barré par une lourde chaîne de bronze. Au total, 25 km d’une double enceinte protégeaient la ville. À l’extérieur, des fossés de 18 m de profondeur et de 5 m de large, puis la première muraille haute de 8 m et jalonnée de tours espacées de 50 à 100 m. C’est sur celle-ci que les Byzantins, à tort vu leur faible nombre, choisirent de combattre. Derrière elle, un espace large de 18 m, suivi du mur intérieur, haut…

1 min.
un empire qui rétrécit

Après avoir résisté à la vague arabe des VIIe, VIIIe et IXe siècles, l’Empire byzantin ne se relève pas de sa défaite de Manzikert (1071), face aux Turcs. La conquête des Balkans par ceux-ci, conjuguée aux empiétements des Génois et des Vénitiens, achève d’isoler Constantinople et réduit ses possessions à peu de chose. Les premiers assauts turcs au début du XVe siècle sont certes repoussés mais la misère des finances impériales empêche le renforcement des murailles et de la flotte, condamnant la ville. Néanmoins, la domination ottomane, notamment sur mer, demeure fragile et offre une bonne base à un scénario de délivrance.…

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1 min.
de nombreuses archives

On connaît les péripéties du siège grâce aux lettres du légat pontifical, le cardinal Isidore de Kiev (1385-1463), et les journaux tenus par l’archevêque génois de Mytilène, Léonard de Chio, le Vénitien Nicolo Barbaro (1420-1494) ou le Florentin Jacopo Tedaldi. Le fonctionnaire et diplomate impérial Georges Sphrantzès (1401-1478), ami de Constantin XI, a laissé un récit précis. Enfin l’humaniste Laonicos Chalcocondyle (1423-1490) ou l’historien Critobule d’Imbros (1410-1470), un Grec proche des Turcs, fournissent d’utiles écrits. Parmi les chroniqueurs turcs, on retient Tursun Beg (?-1499) et Saad Ed-Din (1536-1599).…