La rencontre avec un artiste, c’est souvent, d’abord, la rencontre avec une oeuvre. L’objet de ma rencontre avec Peter Lindbergh s’appelle Models, c’est un film de cinquante minutes à peine, fascinante séance d’apprivoisement des cinq plus renversants spécimens de beauté de tous les temps. Elles s’appellent Linda, Cindy, Naomi, Stephanie et Tatjana. Dans les rues de New York, entre le pont de Brooklyn et le Meat Market, la caméra du photographe allemand idolâtre dans un langoureux noir et blanc la grâce, la spontanéité et l’éclat à nu de ce miraculeux quintette génétique. De mémoire, la voix off parle d’«obvious frisson». Nous sommes en 1991. Un an plus tôt, Peter Lindbergh a déjà réuni ces amazones de papier glacé (à une exception près, Stephanie Seymour ayant cédé sa place à Christy…
