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Aquarium a la Maison

DES COMPAGNONS POUR L’ARLEQUIN

Installez Le rasbora arlequin, Trigonostigma heteromorpha , dans un bac de 150 litres, avec des colocataires de la même région, ou aux mêmes besoins quant aux paramètres de l’eau. Adultes d’élevage, un mâle en bas.

Le rasbora arlequin, Trigonostigma heteromorpha, fait bien souvent partie de la population hétéroclite et parfois hasardeuse d’un premier bac. “Courant” n’est pas synonyme de “sans intérêt” et c’est bien évidemment le cas de ce petit Cyprinidé.

Originaire de Malaisie, le rasbora arlequin comprendrait en fait un complexe d’espèces très ressemblantes provenant de différentes zones d’Asie du Sud-Est, à savoir, la Thaïlande, la péninsule Malaise, Singapour, Bornéo et Sumatra, en l’état actuel de nos connaissances. C’est pourquoi, pour faire écho aux propos de Frédéric Potier dans L’Aquarium à la Maison n°124 (Le genre Trigonostigma : Arlequin et C ), nous parlerons plutôt de Trigonostigma cf. heteromorpha.

Nous avons pour habitude de vous proposer ici des populations de poissons disponibles en magasins et géographiquement cohérentes. Aujourd’hui, il en sera un peu autrement. En effet, les rasboras arlequins sont des poissons très plastiques, s’adaptant à des paramètres d’eau plutôt larges, et tolérants quant aux conditions de maintenance. Aussi, ils peuvent être maintenus dans de bonnes conditions, même si leurs colocataires ne proviennent pas de la même zone géographique. Nous vous présenterons donc deux populations : l’une selon un critère géographique, l’autre en faisant fi de son origine, mais en respectant néanmoins les besoins des animaux, et donc leur bien-être.

1 L’espèce phare

Trigonostigma cf. heteromorpha constitue donc un complexe d’espèces que l’on rencontre dans de petits cours d’eau au courant lent et très richement végétalisés. L’eau de ces milieux est généralement légèrement acide et faiblement minéralisée. Cependant, les centaines de générations d’arlequins nées en captivité et la sélection qui y est inhérente ont conduit ces espèces à devenir très tolérantes aux variations des paramètres de l’eau.

Ce petit poisson, de moins de 4 cm, est grégaire, diurne et très pacifique : c’est un candidat idéal pour les aquariums communautaires, géographiques ou non.

Pour lui plaire, maintenez-le en groupe d’une dizaine d’individus (de préférence 15 à 20) minimum. Vous aurez ainsi le loisir de l’observer nager en banc plus ou moins serré.

Distinguer les sexes n’est pas aisé : on considère généralement que les femelles ont le ventre plus rebondi, tandis que les mâles arborent des couleurs légèrement plus intenses.

Ces omnivores opportunistes sont assez simples à nourrir. Une nourriture sèche de bonne qualité peut servir de régime de base.

Ces ovipares, contrairement à la majorité des Cyprinidés, pondent sur la face inférieure des feuilles des plantes. La femelle, ventre à l’envers, dépose ses ovules, tandis que le mâle, l’enlaçant comme pour l’aider à les expulser plus facilement, les féconde tout de suite.

Un petit groupe de demi-bec,

Dermogenys pusilla , animera la surface d’un bac géographique. Une femelle platinum d’élevage.

2 Bac géographique

En surface

Dermogenys pusilla, petit poisson plutôt original, et néanmoins de plus en plus courant dans sa variété d’élevage, occupera la strate haute de l’aquarium. De la famille des Zenarchopteridés, il est appelé demi-bec et doit ce nom à la forme particulière de sa gueule. Ce poisson de surface ne dépasse pas 5 cm de long. On le rencontre dans une grande aire de distribution en Asie du Sud-Est.

Il arbore d’ordinaire une robe grisâtre, dont la forme la plus courante en aquariophilie est blanc nacré. S’il est plutôt grégaire, les mâles aiment s’affronter en s’attrapant par la gueule. Il convient de bien couvrir l’aquarium !

Il consomme de petits animalcules tombés à la surface de l’eau. C’est une espèce ovovivipare au dimorphisme sexuel visible puisque le mâle possède un organe copulateur externe (l’andropodium), un peu à l’image des Poeciliidés mâles et de leur gonopode. Un petit groupe de 5 ou 6 animaux animera agréablement cette strate de l’aquarium.

Trois ou quatre Colisa chuna , mâle adulte en couleur de dominance ici, occuperont la colonne d’eau du bac géographique.
Le petit barbus Puntius titteya pourra compléter une population d’arlequins pas trop nombreuse par une petite dizaine d’individus.
Danio choprae , femelle adulte ici, est une alternative intéressante aux barbus pour la colonne d’eau d’un bac géographique.

3 La colonne d’eau, en géograhique

Le gourami miel, Colisa chuna, animera la colonne d’eau d’un bac géographique. Membre nain de la famille des Osphronemidés, l’espèce est très calme et pacifique. Originaire des zones d’eau calmes des rivières et étangs d’Asie du Sud, il exploite, comme ses cousins, l’oxygène présent dans l’air atmosphérique pour sa respiration grâce à la présence d’un organe appelé le labyrinthe. L’espèce est très courante en captivité dans ses différentes formes de sélections, rouges ou orange. Le dimorphisme sexuel est marqué et la reproduction à la portée des aquariophiles chevronnés ou non, avec un peu de préparation. Un petit groupe de 3 ou 4 individus convient parfaitement dans ce bac.

Si votre population d’arlequins n’est pas trop importante, une autre espèce de poisson de banc peut lui être associée. Puntius titteya, le barbus cerise, plutôt calme et moins belliqueux que ses cousins, est notre premier candidat. Un Danio spp. de petite taille du groupe des ex Brachydanio tel que Danio rerio est un autre poisson intéressant, ou bien encore Danio choprae qui serait très certainement l’espèce que je retiendrai.

Ces Cyprinidés sont grégaires et diurnes, actifs et pacifiques. Quelle que soit l’espèce retenue, un groupe d’une petite dizaine d’individus sera nécessaire étant donné leurs mœurs.

Une dizaine de Pangio kuhlii , une espèce crépusculaire, cohabiteront avec T. cf. heteromorpha dans le fond d’un bac géographique. Avec Danio albolineatus ici.

4 Le fond du bac géographique

Un groupe de Pangio kuhlii, petit poisson serpentiforme dont la gueule est pourvue de barbillons prendra place au sol. Ce membre de la famille des Cobitidés montre des mœurs crépusculaires et nocturnes et passera en action dès l’extinction des lumières du bac. Un groupe de 10 individus animera aussi le fond du bac lors des distributions de nourriture. C’est une espèce omnivore à tendance carnivore. Attention toutefois au sable choisi. En effet, au même titre que les Corydoras spp., ces kuhlis ne survivront que très peu de temps si vous optez pour du quartz aux arêtes tranchantes.

Dans un bac d’ensemble d’une vingtaine d’arlequins, un groupe de guppys, Poecilia reticulata , occupera la colonne d’eau. La femelle de ce trio est à l’avant.
Xiphophorus maculatus femelle se reproduira sans difficultés dans un bac communautaire contenant T . cf. heteromorpha.
Un groupe de Corydoras paleatus , femelle adulte ici, pourra animer le fond d’un bac communautaire d’arlequins.

5 Pour un bac communautaire

Pour un aquarium communautaire, des Poeciliidés occuperont la colonne d’eau ainsi que la surface. En effet, quoi de mieux qu’un bac de platys et/ou de guppys pour débuter l’aquariophilie tout en profitant d’un banc de Trigonostigma cf. heteromorpha.

Associez un banc d’une petite vingtaine d’arlequins à des guppys, Poecilia reticulata. Cependant, étant donné leur prolificité, n’introduisez que deux mâles pour quatre femelles. Laissez libre cours à vos désirs pour ce qui concerne les formes des nageoires et les couleurs des guppys.

Le même nombre de platys, Xiphophorusmaculatus, agrémentera aussi ce bac communautaire, dans un ratio mâle/femelle identique.

Les paramètres de l’eau de l’aquarium devront être adaptés à ces espèces pour tendre vers une eau légèrement basique et dure.

Au fond, s’installeront un petit groupe de Corydoras aeneus ou C. paleatus, des Callichthyidés, tout aussi plastiques que Trigonostigma cf. heteromorpha. Un couple d’Ancistrus sp., dont l’origine reste inconnue, complétera cette population : d’une maintenance très facile, il s’adapte à de nombreuses qualités d’eau.

Ces différentes combinaisons de bacs vous montreront les multiples facettes du rasbora arlequin, et vous procureront de nombreuses heures d’observations toutes plus intéressantes les unes que les autres.

Un bac de 150 litres peut accueillir une population de Trigonostigma cf. heteromorpha , sauvages ici. Avec T. espei et des guppys ( Poecilia reticulata ) dans un bac d’ensemble.

LE CHOIX DE L’AQUARIUM

Un volume de 150 litres suffit pour établir un banc d’arlequins associé à quelques espèces sympathiques.

La filtration est interne ou externe, peu importe du moment que le filtre est entretenu comme il se doit. Vous disposerez du petit matériel habituel pour l’entretien de routine de l’aquarium. L’éclairage est assuré par des LED ou des T5, parfois même des T8. Veillez simplement à respecter la règle des 40 lumens par litre d’eau afin de fournir aux plantes suffisamment d’intensité lumineuse pour leur développement. Coté décoration et substrat : laissez parler votre créativité. Sable de Loire ou granit convient, tout comme un décor minéral ou à base de racines diverses.

L’aquarium est planté pour sécuriser les poissons et équilibrer le milieu. Le choix des plantes est large pour un tel volume : Vallisneria spp., Cryptocoryne spp., petites Echinodorus spp.,… Pour répondre aux besoins alimentaires des espèces du bac, distribuez de préférence un aliment pour poissons omnivores, à compléter avec des aliments congelés carnés une ou deux fois par semaine.

Faites des changements d’eau tous les 15 jours, à hauteur d’un quart du volume de l’aquarium.

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