LES HAUTS-DE-FRANCE, DU CAHIER DES CHARGES AU RESEAU
Pour construire leur réseau H0, les membres de Ferronord ont établi un cahier des charges précis. Une démarche rationnelle qui évite les déconvenues, dont on gagnera à s’inspirer.

UN « FER À REPASSER », LA BB 12068 (MODÈLE TRIX), EN TÊTE D’UN TRAIN DE MINERAI : TRAFIC EMBLÉMATIQUE DE CERTAINES LIGNES DU NORD.

Prenez un groupe de modélistes, réunis au sein d’un club, animés par la même envie de construire un nouveau réseau en H0. Il s’agit de remplacer la vénérable maquette, conçue autrefois, jugée trop lourde, donc difficile à déplacer, pour porter les couleurs de l’association dans diverses expos ici et là. Pour aller à l’essentiel, éviter tout désagrément et entamer le chantier de manière rationnelle, il leur apparaît bien vite indispensable de se réunir dans un moment convivial, pour écrire un cahier des charges, un document de référence qui guidera les travaux, les aidera à opérer des choix de conception, et servira de juge de paix en cas de différends. Ce club, c’est Ferronord, la section Modélisme Ferroviaire de l’Amicale Pierre Brossolette de Tourcoing, association loi de 1901, créée il y a plus de cinquante ans par Antoine Benouwt qui en assure toujours la présidence !

Une structure rationnelle

1 - La BB 67235 (modèle Jouef sonorisé), très joliment patinée, assure la traction d’une rame RRR (EPM) aux couleurs de la région Nord-Pas-de-Calais.

2 - Au premier plan, un vide-grenier, scène rarement reproduite en modélisme.

3 - Le bâtiment voyageurs est une construction intégrale de Jean-Pierre Michel. Remarquez l’emploi de panes flamandes en toiture (plaques Slater’s).

PLAN DU RÉSEAU

Comme le stipule d’emblée le cahier des charges, la partie décorée du réseau doit être facilement transportable, dans trois voitures particulières seulement. Elle est donc constituée d’un assemblage de trois éléments de taille raisonnable, 100 x 60 cm, éclairée par une rampe ponctuée de petits spots. Les trains doivent circuler en continu, c’est écrit. Deux demi-boucles, posées sur des rectangles de 120 x 60 cm, joignent la coulisse cachée, elle aussi installée dans un rectangle de 300 x 60. Voilà qui témoigne également du respect rigoureux du cahier des charges : il était prévu que les éléments de la coulisse viennent se placer au-dessus des éléments décorés, de manière à former de grosses boîtes que deux modélistes peuvent facilement déplacer. Le réseau est opérationnel une heure seulement après que le moteur des voitures est coupé. CQFD !

Un Picasso (L.S.Models), stationné sur l’évitement, croise le train de minerai.

Sur la gauche du réseau, un pont bow-string enjambe les voies et masque le départ de la voie en coulisse.

ASTUCE : une bande magnétique autocollante (Conrad) assure un bien meilleur guidage des véhicules du Car System que le fil métallique prévu par Faller. La route qui traverse le décor est encadrée par deux boucles de retournement.

La coulisse est conçue en adéquation avec la partie décorée. On aperçoit la voie de programmation des matériels moteurs, puisque le réseau est doté d’une commande DCC.

DCC pour les trains

Ligne importante du cahier des charges: il était stipulé l’ouverture à tout type de matériel roulant, même le plus ancien, celui que l’on range dans la catégorie du matériel de collection. On a donc logiquement opté pour une voie au code 100 de fabrication éprouvée, issue de la gamme Peco. La Rédaction ne peut s’empêcher de préciser que le code 75 accueille sans aucun souci le matériel produit depuis plusieurs décennies. La commande numérique est désormais chose courante, y compris dans les clubs. Ferronord l’a choisie d’emblée, et Eric Decoster a mené à bien l’installation d’une centrale Z21 Roco pour le pilotage des rames. Pour la commande des aiguilles, on a voulu rester classique, fiable et économique, toujours en respect du fameux cahier des charges : des moteurs Conrad assurent le mouvement lent des lames. Dans la coulisse, une voie de programmation est prévue pour régler les CV des machines des membres, sans perturber les circulations. Pour cela, un Sprog, relié à un ordinateur portable, se révèle bien pratique.

Un décor fait maison

Sur les premières lignes du projet, il était écrit que chaque membre pourrait apporter sa touche personnelle. Pour le décor, on a donc fait appel aux différents talents. Le bâtiment voyageurs et le pont bow-string sont des fabrications de Jean-Pierre Michel, employant largement le carton, tandis que la halle à marchandises est signée François Noël. Les demi-maisons d’arrièreplan sont issues de la gamme Kit Nord. Chaque adhérent de la section modélisme a décoré sa façade, le but étant de rendre chacune différente d’aspect. Le fond de décor du réseau, évoquant le paysage local, est peint par Marceau Fouquart, le responsable de la section peinture de l’Amicale Pierre Brossolette ! Terminons ce rapide tour d’horizon en remarquant la caténaire légère, mais qui permet la circulation de machines aux pantographes levés. Comme en réalité sur certaines lignes faiblement armées, un simple fil de contact remplit sa mission. Le cahier des charges intégrait comme leitmotiv la simplicité et l’économie, en voici encore une preuve. Ne manquez pas ce réseau aux différentes futures expos où sa présence est prévue ; un regard attentif sera riche d’enseignements, comme le sera une petite conversation avec les membres du club Ferronord, toujours prêts à renseigner et partager leur expérience.

CE RÉSEAU SERA PRÉSENT AU RAMMA DE SEDAN, LES 12 ET 13 OCTOBRE PROCHAINS