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    ÉLISABETH II La meilleure alliée des femmes du clan
    La reine a toujours accompagné les premiers pas des épouses de ses fils et de ses petits-fils. Un double rôle de mentor et de guide devenu de plus en plus visible avec le temps.

    La même scène… à six ans d’intervalle. En juin 2012, la duchesse de Cambridge et la souveraine assistent à une rencontre sportive à Vernon Park, dans la ville de Nottingham. En juin 2018, la duchesse de Sussex effectue son tout premier engagement officiel après son mariage au côté de la reine Élisabeth, dans le comté anglais de Cheshire.

    Élisabeth II se tourne vers Meghan et lui adresse un sourire complice. Ce 14 juin 2018, la reine et la duchesse de Sussex, mariée depuis moins d’un mois, effectuent un déplacement en duo dans le comté de Cheshire, au nord-ouest de l’Angleterre. Parties la veille de Londres, elles ont passé la nuit à bord du train royal. Cet exceptionnel privilège – dont aucun des petits-enfants de la souveraine n’aurait bénéficié avant la jeune femme – en dit long sur la volonté de Sa Majesté de guider l’ancienne comédienne dans sa nouvelle vie d’altesse royale. À Chester, la reine veille sur l’épouse de son petit-fils et garde l’œil à tout, résolue à ce que Meghan, un peu fébrile, réussisse son baptême du feu pour sa première visite officielle sans Harry. Plusieurs observateurs relèvent les menues hésitations de la duchesse ou encore son choix de ne pas porter de chapeau. Qu’importe. La belle-fille du prince de Galles « a rapidement montré qu’elle était intelligente, polie et soucieuse de bien faire, confie un membre de son entourage. La reine apprécie son enthousiasme et sa motivation à s’engager au service d’organisations caritatives. » Les deux femmes partageraient en outre un solide sens de l’humour… et un amour inconditionnel de la race canine. En mai 2018, à Windsor, Guy, le beagle de Meghan, était aperçu assis dans la voiture d’Élisabeth II, à côté de la souveraine.

    La duchesse de Cambridge, elle, avait attendu près d’un an avant d’effectuer son tout premier engagement officiel – un déplacement à Leicester – au côté de la reine. Dans le documentaire

    CATHERINE révérence de la jeune femme (ici au côté du prince William) à l’arrivée de la reine, en juin 2012.

    la souveraine et Kate à la cathédrale de Leicester, en 2012, et lors d’une visite du métro de Londres, en mars 2013.

    Our Queen at Ninety, Kate témoigne de la sollicitude dont la grand-mère de son époux a toujours fait preuve envers elle. Elle avait fait la connaissance de Sa Majesté à l’occasion du mariage de Peter Phillips, le fils de la princesse Anne, et d’Autumn Kelly, le 17 mai 2008, deux ans avant l’annonce officielle de ses propres fiançailles avec William. Absent ce jour-là, ce dernier avait souhaité que sa compagne le représente. « Je me trouvais parmi tous les autres invités, et la reine s’est montrée très amicale avec moi, confiera ensuite la jeune femme. Pour ma première sortie officielle en sa compagnie, je dois avouer que j’éprouvais une certaine appréhension car William n’était pas là. Tout au long de la journée, elle a pris le temps de s’assurer que je me sentais à l’aise, que je ne manquais de rien. Elle est très ouverte et ne contraint personne à adopter ses points de vue. Elle m’a toujours guidée en douceur. »

    Élisabeth II a beaucoup d’affection pour l’épouse de son petit-fils, comme en témoignent ces photos, complices, prises le jour du baptême de la princesse Charlotte, en juillet 2015, et le jour de Noël, devant l’église de Sandringham, en 2013.

    Consciente des immenses changements intervenus dans leur vie après leur entrée dans la famille régnante, la souveraine a toujours offert son soutien et ses conseils aux « nouvelles venues ». En 1980, lorsque le prince Charles lui fait part de son intention d’épouser lady Diana Spencer, elle ne cache pas son enthousiasme. Diana « est l’une d’entre nous », confie-t-elle à une amie. Issus de la haute aristocratie, les Spencer gravitent en effet depuis toujours dans l’entourage de la famille royale. Pour Élisabeth II, il ne fait aucun doute que sa belle-fille s’accoutumera sans difficulté à sa nouvelle vie en tant que princesse de Galles. Mais Diana a 20 ans, l’insouciance des jeunes de son âge et, surtout, aucune expérience, ni des contraintes protocolaires, ni des exig e n c e s d e l a re p r é s e n t a t i o n permanente. Les quelques semaines que passe le couple héritier à Balmoral au cours de l’été 1981 révèlent les difficultés de la jeune femme à s’adapter. La reine demande à lady Susan Hussey, l’une de ses dames d’honneur, de l’aider à se familiariser avec les subtilités de la scène officielle et les règles de la vie de Cour. Elle suggère également à sa propre sœur, la princesse Margaret, voisine de Charles et Diana au palais de Kensington, de prendre

    MEGHAN Élisabeth II, pleine d’attentions pour l’épouse du prince Harry au meeting d’Ascot, en juin 2018.

    quelques jours plus tôt, la duchesse de Sussex, mariée depuis un mois seulement, accompagne la reine dans le Cheshire.

    Cette première apparition publique commune traduit l’estime de la souveraine pour la jeune femme, dont l’intégration au sein de la famille régnante se révèle aisée et rapide.

    Meghan et ÉlisabethII au balcon du palais de Buckingham le 10 juillet suivant.

     la princesse sous son aile. Tante Margot, qui a de l’affection pour l’épouse de son neveu favori, prend son rôle très à cœur – il lui semble revoir en Diana, elle aussi passionnée par le théâtre et les ballets, la jeune fille qu’elle a été. « La princesse Margaret lui a appris les bases du métier, raconte David Griffin, le chauffeur de la fille cadette du roi George VI, dans les colonnes du quotidien britannique Daily Mail. Dans la voiture, avant une visite officielle, elle lui expliquait où elles se rendaient, ce qui allait se passer, à qui elle devrait serrer la main, ce qu’elle devrait dire… Toutes deux s’entendaient très bien, même si Margaret pouvait parfois donner des leçons de protocole sur un ton un peu acerbe. Diana avait un jour commis le “péché” de m’appeler, ainsi que John Harding, l’officier de sécurité de la princesse, par nos prénoms. Celle-ci l’avait alors sèchement remise à sa place : “Non, il faut dire Griffin et Harding !” »

    SOPHIE La souveraine redressant le bibi de la comtesse de Wessex en décembre 2002, à la sortie de l’office de Noël. En juin 2015, l’épouse du prince Edward est gagnée par l’hilarité lorsque le gâteau du 100e anniversaire du Women’s Institute paraît vouloir résister à la tentative de découpe de Sa Majesté.

    Diana voyait en Élisabeth II « la meilleure belle-mère du monde ».

    De son côté, Élisabeth II, en qui la princesse de Galles voit « la meilleure belle-mère du monde », l’invite à plusieurs reprises à monter à cheval en sa compagnie. Ces promenades sont, pense-t-elle, propices à nouer des liens privilégiés. Devenue la coqueluche des médias du monde entier, Diana souffre d’un manque d’intimité croissant, amplifié par l’annonce de sa première grossesse, en novembre 1981. Quelques jours plus tard, alors qu’elle effectue quelques emplettes dans une boutique du village de Tetbury, près de la propriété familiale de Highgrove, dans le comté de Gloucestershire, elle se voit contrainte de rebrousser chemin face au nombre de photographes présents. Soucieuse de la protéger, la souveraine intervient alors en personne – ce qui ne s’est jamais reproduit depuis – et convoque au palais de Buckingham les responsables des principaux organes de presse du pays.

    SARAH La duchesse d’York en compagnie de son époux, alors officier de Marine sur le HMS Cambeltown , et d’Élisabeth II, en avril 1991. Les jeunes gens, parents de deux fillettes, Beatrice et Eugenie, divorceront cinq ans plus tard au terme d’une longue série de polémiques et de scandales. La souveraine conserve, aujourd’hui encore, une affection intacte pour son ex-bru.

    À l’époque, la princesse hérite d’un rôle que personne n’a jamais songé à libérer de son carcan de traditions et d’usages surannés. Quelques années plus tard, échaudée par les unions tumultueuses de ses trois aînés et soucieuse de tirer les leçons des erreurs du passé, Élisabeth II acceptera que son fils cadet, le prince Edward, et Sophie Rhys-Jones vivent en concubinage dans un appartement du palais, pendant près de six ans. « Avant leur mariage, le 19 juin 1999, l’entourage de la reine estimait que Sophie – la fille d’un directeur des ventes et d’une secrétaire – était une fille “ordinaire” et se montrait assez méprisant envers sa famille, commente la chroniqueuse royale britannique Ingrid Seward. Seule Élisabeth II, probablement la personne la moins snob de la cour, l’a immédiatement adorée. » Balades à cheval, discussions sans fin sur l’histoire militaire, dîners à Windsor… Les observateurs s’accordent à dire que la souveraine considère Sophie comme sa deuxième fille, et sa confidente privilégiée depuis la disparition de Queen Mum et de la princesse Margaret, en 2002. Selon cet autre expert, le journaliste et auteur Robert Jobson, « la comtesse de Wessex est certainement le meilleur exemple d’une personne, qui, bien que totalement étrangère aux us et coutumes de la famille régnante, a su brillamment relever le défi. » En 2010, sa belle-mère élève Sophie au rang de dame grand-croix de l’ordre royal de Victoria – la plus prestigieuse distinction qui puisse être décernée par le monarque en exercice. Un an avant d’accorder le même honneur au prince Edward…

    DIANA la reine et la princesse de Galles le jour de l’ouverture solennelle du Parlement, en octobre 1991.

    lors du mariage de David et Serena Linley, en octobre 1993

    à Clarence House, le jour du 87e anniversaire de Queen Mum, en 1987

    pendant l’une de leurs promenades à cheval, à Sandringham, en janvier 1983.

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