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    Le clown du spectacle
    Le personnage le plus effrayant de Stephen King va davantage hanter vos nuits…
    Grippe-Sou, revenu des bas-fonds.

    Pour faire court, Ça, chapitre 2 est un meilleur film que son prédécesseur. Sa “mise à jour” en version adulte du Losers Club — désormais composé de Jessica Chastain, Bill Hader, James McAvoy et consorts — permet à l’histoire de s’éloigner des pâles copies d’autres films et adaptations TV ayant phagocyté l’oeuvre de Stephen King en cherchant à lui rendre hommage (Stranger Things, si tu nous entends…). Il est ici autant question de traumas, d’apaisement, de faire la paix avec votre passé que de bondir de frayeur. La fin? Ben, celle du livre, réjouissons-nous. Et le clown. Encore plus effrayant. Vraiment.

    Quand King imagina Ça, il avait entériné que son idée était d’écrire un livre regroupant, selon ses propres mots, “tous les monstres”: le vampire, le loupgarou, la momie; bref, toute la clique de l’horreur à l’ancienne surgissant dans la nuit. Mais il voulait un personnage qui inspirerait peur et révulsion à sa simple vue. “Qui effraie le plus les enfants?”, s’interrogea-til. Ainsi était né Grippe-sou (Pennywise), le mangeur d’enfants échappé d’un cirque, cauchemar le plus terrifiant jamais rêvé par son géniteur. L’idée du monstre grimaçant allait vite disparaître. Qui a besoin de la créature de Frankenstein quand vous avez un clown à ce point tordu?

    Avec tout le respect dû à Tim Curry dont l’interprétation de Pennywise dans la mini-série TV de 1990 effraya toute une génération, c’est celle de l’acteur suédois Bill Skarsgård qui a fait du croque-mitaine ébouriffé un personnage iconique. Son apparition en guise de simple voix et yeux rougis invitant un gamin à se rapprocher d’une bouche d’égout canalisait l’esprit du livre mêlant les contes de Grimm et ces montées d’horreur repoussantes. Dans Ça, chapitre 2, c’est un Pennywise encore plus hors de contrôle qui s’avance, tétanisant son monde de son ricanement pervers et de sa voix chantante et traînante à la fois. Le temps pour lui de montrer les crocs et ce sont tous vos cauchemars d’enfance qui (re)prennent vie.

    Les meilleurs ouvrages de King ont toujours tourné autour de l’idée d’actionner le bouton de la peur primale, puis de brutalement le pulvériser. Pennywise est en ce sens un chef-d’oeuvre de phobie derrière la couche de maquillage. Sur le papier, on l’imagine comme un mélange cinglant de Freddy Krueger et Ronald McDonald. À l’écran, c’est comme s’il creusait dans votre psychisme… Bref, la hantise ultime à la King pour 2019. Aucun ersatz de psychoclown ne saurait être toléré!