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 / Culture et Littérature
Guerres & HistoiresGuerres & Histoires

Guerres & Histoires

No. 52

Guerres & Histoires, le nouveau trimestriel de la gamme Science & Vie, met l’accent sur les principaux conflits qui ont marqué notre histoire. Il s’attache ainsi à livrer une explication claire sur les protagonistes des grandes guerres, leurs stratégies et leurs technologies d’armement.

Pays:
France
Langue:
French
Éditeur:
Societe Mondadori Magazines France
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6 Numéros

DANS CE NUMÉRO

3 min.
edito

Étrange affaire que celle du camp retranché de Salonique ! On y a vu longtemps une illustration de la « stratégie périphérique », une spécialité britannique depuis Napoléon : utiliser la puissance navale pour mordre les boulevards extérieurs des puissances continentales — ici les puissances centrales —, faute de pouvoir les vaincre en champ clos, c’est-à-dire en France. L’examen de la chronologie ruine cette thèse. La stratégie périphérique première manière meurt en effet dans la rocaille de Gallipoli en août 1915. La vraie stratégie périphérique d’Albion sera celle définie en 1917 par Lloyd George : elle concerne le Nord de la Russie, la Sibérie, la Perse et le Proche-Orient, mais pas Salonique. Serait-ce une idée française, alors ? À l’origine, oui. Mais il s’agit plutôt d’un expédient pour sauver l’allié…

1 min.
guerres & histoires

RÉDACTION 8, rue François-Ory 92543 Montrouge Cedex. Tél. 01 46 48 48 48. Pour correspondre avec la rédaction : courrier.SVGH@mondadori.fr Directeur de la rédaction : Jean Lopez • Assistante de la rédaction : Mireille Liébaux • Rédacteur en chef adjoint : Pierre Grumberg Directeur artistique : Pascal Quehen • Conception graphique : Agence Bleu Petrol’ • Secrétariat de rédaction : Pierre-André Orillard, Guillemette Echalier Service photo : Stéphane Dubreil • Documentaliste : Delphine Habauzit. Comité éditorial : Benoist Bihan, Laurent Henninger, Michel Goya, Yacha MacLasha, Éric Tréguier. Ont collaboré à ce numéro : Éric Allart, Frédéric Bey, Benoist Bihan, Ronan Boëbion, Michaël Bourlet, Fadi El Hage, David Fiasson, Sylvain Gouguenheim, Laurent Henninger, Pierre Jardin, Yacha MacLasha, Christophe Pommier, Frank Stora, Roman Töppel, Charles Turquin. DIRECTION ÉDITION Directrice du pôle : Carole…

23 min.
« nous étions plus déterminés à vaincre que les russes »

G&H: Que faites-vous en 1994 quand éclate la première guerre de Tchétchénie ? Maërbeck Aslanov : J’avais 22 ans. Je venais de terminer des études de langues tchétchène et russe à l’université de Grozny. La guerre civile, inspirée et alimentée par les Russes, faisait déjà rage. Je ne voulais pas y participer. Je voulais juste poursuivre mes études. J’avais reçu une proposition pour aller dans un pays musulman, dont je ne veux pas préciser le nom, pour étudier les sciences religieuses islamiques. J’y étais en septembre. Trois mois plus tard, quand ont commencé les attaques russes, je suis revenu dans mon pays. Pourquoi ? Dans cette université islamique, nous étions une trentaine d’étudiants tchétchènes. Nos discussions étaient enflammées : fallait-il revenir au pays, fallait-il rester à l’abri ? Finalement, la majorité a décidé…

2 min.
¼ le chaos postsoviétique

Après la déclaration d’indépendance de la Tchétchénie en 1991 — qui quitte la Fédération russe dont Boris Eltsine était l’homme fort —, Djokhar Doudaev devient président de la république autoproclamée. Entre 1991 et 1994, la situation se dégrade sans cesse. Le pays plonge dans un chaos où la criminalité a la plus grande part. À l’été 1994, une guerre civile éclate entre les partisans de Doudaev et ses opposants, soutenus par Moscou. Gantemirov, le maire de Grozny, et Labazanov, le chef de la garde de Doudaev, prennent les armes contre Doudaev. À l’automne, leur armée prorusse attaque Grozny à trois reprises. Sans résultats : Doudaev tient bon. Le 1er décembre 1994, se rendant compte que l’opposition n’arrivera pas à s’emparer du pouvoir, l’aviation russe bombarde le territoire tchétchène. La « première » guerre…

6 min.
« la source principale de revenus des officiers russes était la vente d’armes et de munitions aux… combattants tchétchènes! »

Entretien avec l’écrivain franco-américain Jonathan Littell, auteur des Bienveillantes (Goncourt 2006). Il a séjourné deux fois en Tchétchénie, en 1996 puis entre 1999-2001, en tant qu’humanitaire. Il y retourne en 2009 et ce troisième séjour accouche d’un livre, Tchétchénie An III. En tant que reporter de guerre, il a aussi couvert plusieurs conflits en République démocratique du Congo, au Sud-Soudan, en Géorgie, au Mexique (guerre des cartels) ou encore en Syrie. Il est par ailleurs l’auteur d’un rapport (en anglais) sur les forces spéciales russes. G&H: Parlez-nous de l’évolution de l’armée russe, mais aussi de celle des Tchétchènes entre les deux guerres… Jonathan Littell: Du côté russe, il y a eu de gros changements entre les deux guerres. On peut même parler d’une remise en question complète. Pendant la première guerre, c’est…

1 min.
¼ l’avis de la rédaction

La rencontre avec notre témoin a été une affaire délicate à monter. Son nom ainsi qu’un certain nombre de faits personnels ont été modifiés pour des raisons de sécurité. L’homme, qui se déplace beaucoup, craint toujours pour sa vie, une action du FSB ou des hommes de Kadyrov, l’actuel président tchétchène prorusse, lui semblant toujours possible. Malheureusement, les mêmes mesures de sécurité nous empêchent d’évoquer son parcours dans la seconde guerre de Tchétchénie, durant laquelle il a joué un rôle important. L’interviewé s’est volontairement restreint à une évocation des réalités militaires de la première guerre, dans laquelle il n’est qu’un combattant anonyme, guidé par son idéal national et religieux.…