ZINIO logo
DÉCOUVRIRBIBLIOTHÈQUE
Actualité et politiques
Le Point

Le Point 12 novembre 2020

L'hebdomadaire français d'information de référence.Avec rigueur, conviction et ouverture, Le Point analyse et prolonge en toute indépendance l'actualité politique, économique, sociale et culturelle en France et dans le monde.

Lire plus
Pays:
France
Langue:
French
Éditeur:
SEBDO
Fréquence:
Weekly
Offre spéciale : Économisez 40% sur votre abonnement!
J'ACHÈTE CE NUMÉRO
4,14 €(TVA Incluse)
JE M'ABONNE
62,29 €37,38 €(TVA Incluse)
26 Numéros

dans ce numéro

4 min.
le phénomène trump ou la grande faillite des médias

Voici sans doute l’un des plus grands fiascos médiatiques de l’Histoire: parmi tous les organes d’information de la planète, aucun ou presque n’avait prévu que Trump pourrait perdre l’élection de justesse, après que le coronavirus avait dévasté l’économie américaine. Tout le monde s’attendait à un raz de marée électoral pour Biden, homme respecté et respectable (lire p. 36). Or Trump a réalisé une performance incroyable en échouant sur le fil, alors que tous les éléments s’étaient ligués contre lui et qu’il avait gagné, et de loin, le concours mondial des calembredaines sur le Covid-19. La preuve a été faite que le trumpisme est une réalité politique durable. Avec son égotisme de mufle misogyne, Trump est certes humainement indéfendable; politiquement aussi, à bien des égards. Mais on ne peut que s’insurger contre le…

4 min.
l’adieu à la gargouille trump

En janvier prochain, l’incroyable bouffonnerie des années Trump appartiendra à l’Histoire, que ce dernier se retire proprement ou non. En Europe, on se réjouit à juste titre, mais avec une imprudente emphase: attention à la gueule de bois. La disparition de notre épouvantail préféré ne suffira pas à faire revenir les beaux jours. L’écrivain américain Ambrose Bierce, connu, entre autres, pour son Dictionnaire du diable, avait ainsi défini la gargouille: « Tuyau d’évacuation de l’eau de pluie sur l’avant-toit des constructions médiévales, généralement sous la forme grotesque d’un ennemi personnel de l’architecte ou du propriétaire du bâtiment. » Donald Trump fut, à l’évidence, une magnifique gargouille pour l’Europe: un repoussoir ridicule et décoratif, mais dont la nocivité à notre égard fut–relativement–limitée. Le sabotage de l’accord nucléaire avec l’Iran est, bien sûr, à…

3 min.
confini ou prisonné?

Il y a un nouveau mot pour prison, c’est confinement. Le confiné, par rapport au prisonnier, présente divers avantages pour l’État. Il s’arrête et s’enferme lui-même, d’où une sérieuse économie: ni policier ni gardien. Nul besoin de construire de nouvelles prisons pour les confinés: ils restent dans leur maison ou leur appartement jour et nuit. On n’a pas l’obligation de réparer leur plomberie défectueuse, de nettoyer leur sol, d’opérer leur dératisation, de repeindre leurs parties communes, ces tâches restant à la charge du confiné. Il faudra trouver un mot pour désigner ce prisonnier qui n’existait pas avant la Covid-19. Le prisonné? Le confini? Autre qualité du personnage: on n’a pas à le nourrir, il fait sa cuisine et même sa vaisselle. L’État se contente de lui donner des conseils culinaires par…

4 min.
face à joe biden, les périls du cavalier seul

À son arrivée à l’Élysée en 2017, Emmanuel Macron en fit des tonnes pour séduire Donald Trump. Il l’emmena dîner dans un restaurant de la tour Eiffel. Il le convia au défilé militaire du 14 Juillet sur les Champs-Élysées. Il surjoua l’amitié avec lui, en vain. Le président américain quitta l’accord de Paris sur le climat, jeta au panier l’accord sur le nucléaire iranien, taxa l’agroalimentaire français et tint le président de la République pour quantité négligeable. Son chouchou en Europe était Boris Johnson, le « Trump britannique », l’homme du Brexit. Avec Joe Biden, la France et l’Union européenne vont retrouver à la Maison-Blanche un interlocuteur mieux disposé à leur égard. Le président élu est le plus proeuropéen qu’on puisse imaginer dans le paysage politique actuel. Il est l’héritier de…

4 min.
de la démocratie en amérique et au-delà

«Dans l’Amérique, j’ai vu plus que l’Amérique; j’y ai cherché une image de la démocratie elle-même, de ses penchants, de son caractère, de ses préjugés, de ses passions », indiquait Alexis de Tocqueville, soulignant la communauté de destin entre les États-Unis et la liberté politique. Au XXe siècle, les États-Unis sont ainsi devenus la première puissance mondiale tout en s’affirmant comme les garants de la sécurité des démocraties. La crise existentielle qu’ils affrontent aujourd’hui est déterminante tant pour le leadership du XXIe siècle–ouvertement revendiqué par la Chine–que pour l’avenir des nations libres. L’élection de Donald Trump en 2016 avait marqué un tournant historique, celle de 2020 est tout aussi décisive. Elle confirme la puissance du populisme, qui a perdu une bataille mais non pas la guerre qu’il livre à la démocratie…

1 min.
macron en pétard contre les hérauts de la culture

« La Trahison des clercs, ça a quatre-vingt-dix ans! » s’emporte un très proche du chef de l’État, en référence à l’ouvrage de Julien Benda qui accusait en 1927 les intellectuels de s’être fourvoyés dans l’entre-deux-guerres en abandonnant la défense des grandes valeurs universelles. Le président s’exaspère du silence des grandes voix de la culture pour défendre la liberté d’expression et la laïcité à la française, attaquées par le terrorisme islamiste. « Macron mouille le maillot, il porte le combat jusque dans l’antre de la bête, sur Al Jazira. Et ils sont où, tous? Ils protestent contre le couvre-feu, la fermeture des théâtres ou des librairies… Pétitionner c’est bien, sauver les valeurs de la culture, c’est mieux! » vitupère le même. Sont visés les Luchini, Bedos, Orsenna, Rufin, entre autres Clément…