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Actualité et politiques
Le Point

Le Point 26 novembre 2020

L'hebdomadaire français d'information de référence.Avec rigueur, conviction et ouverture, Le Point analyse et prolonge en toute indépendance l'actualité politique, économique, sociale et culturelle en France et dans le monde.

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Pays:
France
Langue:
French
Éditeur:
SEBDO
Fréquence:
Weekly
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dans ce numéro

4 min.
erdogan dans un monde de pleutres

Une chose est sûre, vous ne pourrez pas vous dire en commençant cet article : « Oh, non, par pitié, pas encore l’Arménie ! On n’en peut plus ! » À quelques exceptions près, les grands médias ont zappé la tragédie qui continue de se dérouler sous nos yeux dans le Caucase, quand ils n’ont pas pris le parti du richissime Azerbaïdjan qui les arrose ou de la conquérante Turquie, meilleure amie du Qatar, qui les fascine. Nous voici retombés dans une époque qui rappelle, à bien des égards, la montée du nazisme : devant les menaces d’Erdogan, les gouvernants occidentaux rasent les murs, frappés par le syndrome Chamberlain, du nom du Premier ministre du Royaume-Uni d’avant-guerre, concepteur du collaborationnisme que l’on peut résumer ainsi : plus l’ennemi attaque, moins il…

4 min.
« écocide » toi-même !

Certaines choses ne changent pas. « Il ne faut de la morale et de la vertu qu’à ceux qui obéissent », écrivait Diderot il y a deux siècles et demi. Une saillie merveilleusement illustrée par la création du « délit d’écocide » annoncée par Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et son collègue de la Justice, Éric Dupond-Moretti (1). Tout cela provient de la fameuse Convention citoyenne pour le climat, dont les membres, quelque peu catéchisés par des idéologues de l’écologie, avaient réclamé l’instauration d’un « crime d’écocide », la consonance avec « génocide » étant censée ajouter au caractère infamant de la chose. Finalement, conscients de certaines limites constitutionnelles, nos deux ministres ont opté pour un « délit » plutôt qu’un « crime ». Soit. Un peu de…

3 min.
le petit livret rouge

Olga Schmitt a fait son livre de Modiano : un livret de famille soviétique. Née en URSS, l’autrice écrit dans un bon français appris à Paris. Juive d’origine sibérienne, elle a émigré en 1978, à l’âge de 14 ans. Il ne lui fallut pas plus d’une matinée pour renoncer à ses nattes de Moscou et passer à la frange parisienne – qui l’a poursuivie jusqu’en 2020, comme le montre la photo de couverture de Suprême Soviète. Elle raconte un départ : celui de sa grand-mère, de sa tante, de sa mère, de son beau-père, le peintre Oleg Tselkov, et d’elle-même pour Paris, dont Olga allait devenir, grâce à son esprit rude et sa méchante beauté, une des reines fantasques et chaleureuses. La fameuse chaleur slave : 40° au-dessus de zéro…

4 min.
l’asie creuse l’écart avec l’europe

L’Asie avance à toute vitesse. Son moteur est la mondialisation. Le méga-accord commercial que quinze pays de la région ont conclu le 15 novembre lui donne un nouveau coup d’accélérateur. Les États signataires* ont jeté les bases de la plus grande zone de libre-échange du monde. Celle-ci représentera 30 % de la production mondiale annuelle de richesses et abritera un consommateur sur trois. Le marché intérieur ainsi créé est plus vaste que ceux des États-Unis ou de l’Union européenne. Les conséquences géopolitiques sont capitales pour le reste du monde. Pourtant, l’événement n’a guère retenu notre attention. Pendant que l’Asie galope, l’Europe fait l’autruche. Nous sommes accaparés par le Covid, le confinement, la récession, les attentats… Et quand nous parvenons à jeter un oeil à l’extérieur, c’est souvent en direction du soleil…

4 min.
le capitalisme sauve des vies

Si elle est une excellente nouvelle pour l’humanité, la découverte de vaccins contre le Covid-19 en est, en revanche, une beaucoup moins bonne pour les « collapsologues » qui vivaient comme un rêve éveillé le cauchemar économico-sanitaire des derniers mois. La pandémie semblait en mesure de réaliser leurs prédictions apocalyptiques d’effondrement de la civilisation « technico-capitaliste », ou « thermo-industrielle », comme on préfère, et de disparition de plusieurs milliards d’habitants sur terre. Réglant une bonne fois pour toutes le problème de la surpopulation de la planète tout en permettant aux survivants de renouer avec les joies simples d’existences frugales, dans la pratique d’une économie de subsistance respectueuse de la nature et favorable à l’épanouissement spirituel, car enfin libérée de l’addiction à la consommation. À en juger par le psychodrame…

3 min.
l’état contre la société

Selon l’anthropologue Pierre Clastres, les sociétés primitives se constituent non seulement sans mais contre l’État. Aujourd’hui, la crise du Covid-19 fait apparaître l’inverse : l’État contre la société. Dans sa dernière allocution aux Français, Emmanuel Macron a énuméré les catégories sociales à protéger : les vieux, les jeunes, les pauvres, les personnels de santé, les exclus. Protéger ? Cet objectif proclamé par des dirigeants qui ne sont pas des tyrans pervers en masquait un autre, moins avouable : s’exonérer de leurs éventuelles responsabilités pénales individuelles, et surtout de leur responsabilité politique dans la mauvaise gestion des masques, des tests de dépistage et des capacités d’accueil dans les services de réanimation. Par deux confinements pénibles humainement et économiquement, font-ils payer leurs erreurs aux Français ? Comme dans un couple toxique, l’État…