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Culture et Littérature
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No. 491

Chaque mois, découvrez dans LIRE toute l'actualité des livres et des écrivains. Entretiens, dossiers thématiques, extraits de nouveauté et critiques, avec LIRE, vous vivrez plus passionnément votre amour de la littérature.

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Pays:
France
Langue:
French
Éditeur:
EMC2
Fréquence:
Monthly
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5 Numéros

dans ce numéro

2 min.
l'édito

C’est une année particulière – oui, particulière. Alors que la Covid-19 n’en finit pas de gangrener notre quotidien, 2020 ne fut effectivement pas de tout repos. Au-delà des paramètres sanitaires et économiques, la présente situation nous a ainsi menés à nous poser cette question : un livre est-il un « produit de première nécessité » ? Ou un bien « non essentiel » ? En dehors du flou évident sur la définition, le livre est ainsi devenu, outre le désir légitime de culture ou de divertissement, un symbole de résistance des Français face aux décisions politiques. Mais il a révélé des différences et inégalités plus générales – géants virtuels contre petites boutiques, grandes enseignes physiques contre librairies de quartier. Entre concurrence exacerbée (malgré le prix du livre unique et un…

3 min.
chronos contre la fée clochette

Les personnages de Rien pour demain s’affranchissent des époques. Ils disparaissent, reviennent, se rencontrent. Certains sont de pures créations, d’autres des figures historiques, des penseurs, des artistes. Le réel et l’imaginaire fluctuent, se croisent, conversent, rien ne presse, tout se tresse, tout viendra. C’est la définition d’une tapisserie, c’est-à-dire d’un vrai livre. C’est aussi la définition du temps, sujet de l’ouvrage. Bruno Remaury livre ici une méditation raffinée sur la bataille que l’homme moderne, pauvre lapin muni de sa montre à gousset, entreprend contre l’éternel retour des choses. La bataille est mythologique. D’un côté Chronos, le dieu du temps qui entraîne les hommes à la mort, mais enjoint chaque génération à reprendre la valse, immuablement stable. De l’autre, notre modernité qui veut abolir la fluctuation des heures et proclame sottement la…

2 min.
à la folie, passionnément

Malgré le succès de ses livres et l’aura dont elle jouit, Annie Ernaux a rarement été adaptée au cinéma, beaucoup plus au théâtre. Sans doute est-ce difficile d’imaginer un romanesque propre au grand écran quand les mots de l’écrivaine conviennent mieux au récit vivant sur scène. Un seul livre l’a été doublement, L’Occupation, sous le titre L’Autre : sur les planches avec Romane Bohringer (très réussi); au cinéma avec Dominique Blanc, mis en scène par Patrick-Mario Bernard et Pierre Trividic (réussi aussi). Intelligemment, le duo de cinéastes avait justement refusé d’en faire « trop » et choisi la retenue extrême, le non-dit, les silences – mais l’entièreté de leur cinéma est ainsi faite. Danielle Arbid, elle, adaptant Passion simple (Gallimard, 1992), opte pour un cinéma plus organique, un récit viscéral,…

5 min.
« clique et rapplique ! »

La scène a des airs de « déjà-vu ». En cette veille d’Halloween, les files d’attente s’allongent devant des vitrines où les livres ont été recouverts de toiles d’araignées, comme un clin d’oeil de mauvaise augure à la fermeture des commerces non essentiels dont font, une nouvelle fois, partie nos librairies. Depuis le premier confinement, des initiatives ont néanmoins fleuri chez des commerçants jamais en manque d’inspiration, qui, pour beaucoup, ont adopté le « click and collect » – ou « cliquer-retirer » pour les anglicismophobes. Si, au printemps, seules 400 librairies sur les 3300 existantes avaient eu recours à ce mode de distribution, elles sont désormais 1 400 à l’avoir intégré dans leur logistique. Le principe? Le lecteur commande ses livres en ligne, par e-mail ou par téléphone, qu’il…

1 min.
nouvelles gorgées de delerm

On peut faire bref et avoir du relief. C’est ce que prouvent tous les nouveaux écrits de Philippe Delerm. Quelques mois à peine après avoir été honoré d’une édition intégrale de ses ouvrages dans la prestigieuse collection « Bouquins » (Robert Laffont, septembre 2020), l’écrivain poursuit sur le chemin qui a toujours été le sien : le texte très court, sur la crête du détail, de l’intime, de l’infime, de ces « toutes petites choses. Des sensations infimes, des phrases du quotidien, des gestes, des bruits, des odeurs, des atmosphères ». Car, plaide-t-il : « Écrire et vivre, c’est la vie en relief, une opération qui s’est imposée lentement. Transformer en sujet ce qui n’en est pas un, la perspective est délicieuse. » Il sera ici beaucoup question d’enfance :…

2 min.
in memoriam

Il aura écrit jusqu’au bout. Chaque jour, inlassablement, sans relâche. Au gré des moments de grâce et des mauvaises nouvelles. En dépit de la maladie, de la mort qui toujours un peu plus approchait. Au cours des deux années qui ont précédé son décès le 24 mai 2014, le grand poète belge Jean-Claude Pirotte – ancien chroniqueur de Lire – a rédigé la bagatelle de cinq mille poèmes. « Si vous en lisez un par jour, il vous faudra plus de treize ans » pour en venir à bout, s’amuse sa compagne, la romancière et traductrice Sylvie Doizelet, à qui nous devons la publication de cette somme d’ampleur exceptionnelle, Je me transporte partout. Des souvenirs de l’enfance jusqu’au seuil du tombeau, Pirotte s’y raconte au fil d’un journal très personnel,…