Science & Vie HS No. 298

Premier magazine européen de diffusion de la science, Science & Vie consacre en réalité plus de 120 pages chaque mois à analyser et à décrypter les principales avancées de la connaissance. Dans notre monde formidablement riche en mutations les progrès scientifiques jouent plus que jamais un rôle de premier plan. A l'écoute de tout ce qui se découvre, s'invente, se discute, se construit, nos journalistes scientifiques mettent tout leur talent de vulgarisateurs au service de nos 3 millions de lecteurs qui souhaitent mieux comprendre et anticiper les transformations de la vie par la science. Nos articles sont abondamment illustrés, clairs, nets et précis.

Pays:
France
Langue:
French
Éditeur:
Reworld Media Magazines
Fréquence:
Monthly
3,84 €(TVA Incluse)
32,17 €(TVA Incluse)
12 Numéros

dans ce numéro

1 min
l’absence de tout

Dans une grille de mots croisés, “absence de tout” en quatre lettres peut se référer à “trou”, “vide”, “rien”, “sans” ou “zéro”, par exemple. Mais rarement à “mort”. Si ce mot comporte bien quatre lettres, il ne correspond néanmoins pas au néant (qui fonctionne pour “absence de tout” en cinq lettres), ce que confirment en particulier les interprétations de la neuro-imagerie à l’instant du décès. C’est contre-intuitif, pourtant la neuroscience montre que ce moment est tout sauf une extinction cérébrale soudaine, mais plutôt un embrasement électrique en cascade (p. 10). Et ce n’est pas la seule découverte des chercheurs sur ce sujet en apparence insondable. Physiologie, modélisation, sciences humaines, etc. apportent des réponses au plus grand des mystères : pourquoi sommes-nous mortels ? Selon des biologistes, c’est probablement un prix…

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2 min
“ils l’ont dit”

“On ne meurt pas d’être né, ni d’avoir vécu, ni de vieillesse. On meurt de quelque chose” Simone de Beauvoir, PHILOSOPHE (UNE MORT TRÈS DOUCE, 1964) “À ma mort, je léguerai mon corps à la science-fiction” Steven Wright, ACTEUR ET SCÉNARISTE “Et nos corps Fleuriront en larmes Dormiront ensemble” Pomme, CHANTEUSE (POURQUOI LA MORTTE FAIT PEUR, 2019) “Alors que je croyais apprendre à vivre, j’apprenais à mourir” Léonard de Vinci, SCIENTIFIQUEETARTISTE(1452-1519) “La mort, c’est l’élargissement dans l’infini” Victor Hugo, POÈTE (L’HOMMEQUI RIT, 1869) “Les vrais philosophes s’exercent à mourir, et ils sont, de tous les hommes, ceux qui ont le moins peur de la mort” Platon, PHILOSOPHE(VERS 427AV. J.-C. -VERS 348AV. J.-C.) “Eh bien, la mort, vous croyez que c’est agréable ? C’est une malédiction, mais ce qu’il y aurait de pire, ce serait de ne pas mourir” Jean d’Ormesson, ÉCRIVAIN (LE PARISIEN…

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8 min
embrasement terminal

Depuis le développement des techniques de réanimation cardiorespiratoire qui permettent de faire battre artificiellement le cœur, la mort, la vraie, complète et irréversible, n’est plus forcément associée à un arrêt du cœur et de la respiration – qui peuvent être relancés –, mais à celui du cerveau. Que se passe-t-il dans cet organe au moment précis où la Grande Faucheuse passe? Pendant longtemps, la plupart des scientifiques ont vu cet instant comme l’arrêt définitif de l’activité cérébrale, avec un tracé plat au niveau de l’électroencéphalogramme, ou EEG, la technique qui permet de mesurer l’activité cérébrale. En réalité, la mort cérébrale ne serait pas aussi discrète… Au contraire, elle survient dans une “tempête” électrochimique, un “tsunami” qui se propage de neurone en neurone pendant plusieurs minutes après le début de l’EEG…

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7 min
pourquoi ne sommes-nous pas éternels ?

Grâce aux progrès de la science et de la médecine, qui ont permis de faire reculer les maladies infectieuses, d’augmenter l’espérance de vie et d’entrevoir la possibilité d’améliorer nos capacités physiques et mentales, l’humanité s’est prise à rêver d’immortalité ; ou plutôt d’“amortalité”, soutient l’historien et philosophe israélien Yuval Noah Harari dans son ouvrage Homo deus, une brève histoire de demain (éd. Albin Michel). Mais pourquoi ne sommes-nous pas naturellement immortels? Pourquoi meurt-on? Tout d’abord, rappelons que les biologistes distinguent deux façons de mourir : de mort extrinsèque (ou accidentelle), due à des facteurs extérieurs, comme un accident, un prédateur, le manque de nourriture ou un virus; et la mort intrinsèque (ou naturelle), liée au vieillissement, cette détérioration progressive et inévitable des fonctions physiologiques avec l’âge qui conduit in fine au…

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3 min
notre condition de mortels se joue dans nos cellules

S i, pour les biologistes de l’évolution, la question “Pourquoi meurt-on ?” signifie “Pourquoi un tel trait a-t-il été conservé ou favorisé par la sélection naturelle ?”, pour les biologistes moléculaires, elle renvoie à cette autre question : “Quels mécanismes moléculaires et cellulaires provoquent le vieillissement ?” Depuis les années 1950 et le développement de la biologie moléculaire et cellulaire, les chercheurs ont répertorié de nombreux mécanismes cellulaires potentiellement impliqués. Un des plus souvent cités est le raccourcissement des télomères, ces séquences d’ADN répétées au bout des chromosomes, dont la taille diminue progressivement avec l’âge. “Lorsque nos cellules se divisent, l’ADN doit être copié pour permettre la production d’une nouvelle ‘cellule fille’. Mais comme ce mécanisme n’est pas parfait, il ‘grignote’ une partie de l’ADN situé au bout des chromosomes,…

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4 min
cellules cancéreuses mortelles immortelles

“Les cellules cancéreuses immortelles les plus anciennes connues sont âgées de plusieurs milliers d’années” Malgré les progrès thérapeutiques, les cancers demeurent la première cause de mortalité en France, à l’origine de plus de 150000 décès chaque année, selon l’agence Santé publique France. Cette forte mortalité est liée au développement de cellules anormales, souvent “immortelles”, qui se multiplient de manière incontrôlée. “Le terme ‘immortel’ signifie ici que ces cellules ne vieillissent pas et ne meurent pas, et peuvent continuer à se répliquer indéfiniment, contrairement aux cellules normales. Il s’agit donc d’une immortalité réplicative”, éclaire Olivier Delattre, directeur de l’unité génétique et biologie des cancers à l’Institut Curie, à Paris. À ce jour, “les cellules cancéreuses immortelles les plus anciennes connues sont âgées de plusieurs milliers d’années”, chiffre le biologiste. C’est ce qu’ont montré des…

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