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Rock and Folk

Rock and Folk No. 641

Le rock n’est pas mort, tous les mois Rock& Folk vous le répète, et prend la défense de vos oreilles : coups de gueule, coups de cœur, l’équipe passe les bacs en revue et met sur le grill ceux qui font l’actu rock. Confiez vos oreilles à Philippe Manœuvre et constituez-vous LA discothèque idéale. Avec Rock & Folk, vivez en rock !

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Land:
France
Taal:
French
Uitgever:
Editions Lariviere SAS
Frequentie:
Monthly
€ 5,86(Incl. btw)
€ 56,22(Incl. btw)
12 Edities

in deze editie

4 min
robert palmer producteur

Cedell Davis “Feel Like Doin’ Something Wrong” (1998) Cedell Davis jouait de la guitare les cordes aiguës vers le haut, sur lesquelles il faisait courir un couteau à beurre tenu de sa main déformée par la poliomyélite. En fauteuil roulant depuis qu’une foule lui est passée sur le corps, Cedell balançait sa voix de canard par-dessus des lignes de slide ultra fausses, l’ensemble donnant pourtant vie à des morceaux assez jouasses. On voit d’ici Robert Palmer et sa touche de hippie du Sud secouer la tête de l’autre côté de la vitre, car lui savait qu’ici, Davis gagnait sa guerre contre la mort. Pour preuve, Cedell, qui était encore en tournée européenne en 2013 (un géant devait le descendre lui et son fauteuil roulant dans les minuscules escaliers des clubs), a enterré…

13 min
alex chilton “un homme nommé destruction”

“La désintégration est un concept qui m’intéresse beaucoup” ALEX CHILTON, L’HOMME AUX MILLE VIES… DONT NOMBREUSES ONT ÉTÉ SACRIFIÉES PAR L’ARTISTE EN PERSONNE. Sa biographe, Holly George Warren, a intitulé son livre magistral “A Man Called Destruction”, du nom de l’un de ses derniers albums. Initialement, Chilton avait prévu d’écrire son autobiographie avec elle, et avait trouvé un autre titre “I Slept With Charlie Manson” (nous y reviendrons), mais n’en a pas eu le temps. Dans sa biographie, un musicien de la scène Paisley Underground explique son admiration: “Il défie toutes les catégories. N’est-ce pas cela la définition même du rock’n’ roll?” Une star avant d’être majeur Il n’a pas tort. Chilton a connu plusieurs carrières: la blue eyed soul des Box Tops, la pop nerveuse et hyper mélodique de Big Star, la…

20 min
the beatles

1970. L’année où les Beatles se sont séparés et ont produit la plus belle musique de leurs carrières C’EST JOHN LENNON QUI A COMMENCE. Quand les camarades d’école du Beatle à lunettes caftaient, ils ne se doutaient pas qu’ils proféraient une vérité historique — et même plusieurs. Car c’est un fait, Lennon a commencé beaucoup de choses dans sa vie, et pas que des bagarres à la récréation: fondateur du plus grand groupe pop jamais entendu, et des délires d’ego qui vont avec, il est aussi responsable de la séparation et des carrières solos, les vraies, pas seulement les pochettes à poil (“Two Virgins”, en 1968) ou les stridences expérimentales (“Life With The Lions”, 1969) mais celles avec des chansons, des tubes, la ferme intention de montrer au monde entier de…

11 min
the clash

“Même si je le pouvais, je ne le changerais pas, c’est un objet magnifique”Joe Strummer ENREGISTRER TOUT UN ALBUM REGGAE. PAS QUELQUES CHANSONS PAR-CI PAR-LÀ, COMME SUR LEURS PRÉCÉDENTS DISQUES, NON, UN ALBUM ENTIER gorgé de Jamaïque — le fantasme du Clash, cette contrée de rastas rebelles, cette île exiguë qui a enfanté une musique sans limite, son dub et ses sound-systems, onze mille mètres carrés connus de la planète entière grâce à ce son si singulier, envoûtant. Mick Jones et Joe Strummer ont déjà séjourné à Kingston fin 1977, pas longtemps après leur version de “Police & Thieves”. Un souvenir qu’il faut effacer, ce voyage de dix jours financé par leur maison de disques: sans contacts, les deux touristes punk flippent en traversant les ghettos, ne ressentent qu’hostilité, manquent se…

3 min
trop long, “sandinista!”? non: trop en avance

UNE ATTAQUE DE DEMENCE? CAPRICE, GRAPHOMANIE MUSICALE? “Sandinista!” contient trente-six morceaux, répartis sur six faces. Un triple album: c’est exceptionnel. Le format semblait inventé par les maisons de disques pour fourguer, dans les seventies, des lives interminables comme ceux de Grateful Dead, Santana, Wings, et surtout ceux de groupes prog, trop contents d’étirer à foison leurs délires symphonicopompiers — deux références: Yes avec “Yessongs” et Emerson, Lake And Palmer avec le judicieusement titré “Welcome Back My Friends To The Show That Never Ends”. Seule question: pourquoi pas plutôt des quadruples albums? A l’issue de chaque tournée? Ces purges le confirmaient: le rock s’écoute sur deux faces de vingt minutes. A chaque règle ses exceptions: “All Things Must Pass” (George Harrison, 1970), “Will The Circle Be Unbroken” (The Nitty Gritty Dirt Band,…

8 min
les studios, l’épopée!

Une piscine et trop de défonce? LES STUDIOS PATHÉ-MARCONI À BOULOGNEBILLANCOURT ÉTAIENT, DANS LES ANNÉES 1970, les plus grands studios de France. En superficie comme en matériel. Avec le Château d’Hérouville. J’ai eu la chance d’y enregistrer “Poly Magoo”. Et de vivre ainsi ce qui fut le sommet de l’enregistrement analogique. Les studios de Boulogne-Billancourt bénéficiaient du même matériel qu’Abbey Road, ce qui veut dire que la compatibilité était parfaite entre les deux. Par le fait, ce fut un des studios français les plus prisés des Anglo-Américains. Je pouvais ainsi demander à Michel Zacha: “Tu mets de l’ADT sur ma voix? Ça ne servira à pas grand-chose dans ce contexte!” Et le producteur de répondre : “Ben oui… pour la beauté du geste!” Les Rolling Stones pour “Emotional Rescue”, “Some Girls”…