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Nieuws & Politiek
Sept

Sept

No. 32

Sept mook est le trimestriel du site sept.info, site de slow journalisme basé en Suisse. Ne laissez pas la réalité se résumer à l'actualité.

Land:
Switzerland
Taal:
French
Uitgever:
Sept.ch, SA
Verschijningsfrequentie:
Quarterly
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6 Edities

in deze editie

20 min.
suisse rebelle

En Europe, pendant la Seconde Guerre mondiale, nos pères avaient été enrôlés au nom de la patrie. L’un d’entre nous était fils de boulanger, à trois ans déjà prédestiné à reprendre la clientèle paternelle. L’autre, fils d’un médecin polonais et d’une infirmière grecque qui s’étaient connus sur le front russe, puis perdus de vue. Un autre encore était l’enfant d’un instituteur engagé dans la Résistance, mais pas trop. On était venus au monde, sans avoir choisi notre condition, surtout pas celle d’être le fils d’un criminel de guerre, échappé de peu à la peine capitale, et dont il faudrait porter le nom toute une vie durant. L’éducation que donnait un tel père consistait en fessées une fois par semaine, en punitions dans le noir et la prière à chaque repas.…

17 min.
sur les traces du capa suisse

J’ai écrit un livre intitulé Robert Capa, traces d’une légende , avec mon complice, le journaliste chineur et fouineur Bernard Lebrun. Notre technique avait consisté à exhumer et rassembler tous les documents que l’on pouvait trouver sur le célèbre photographe tué en 1954 durant la guerre d’Indochine. Au-delà des clichés. Curieusement, nous avons découvert beaucoup d’éléments originaux. Capa était un photographe et un mythe dont les zones d’ombre comme l’immense talent éclairent une vie courte et lumineuse. Le personnage est séduisant, un peu voyou. Il est toujours là au bon moment certes, mais surtout il est à l’origine de ce qu’on a appelé le photojournalisme moderne. J’utilise cette expression parce qu’il n’est évidemment pas à l’origine du photojournalisme, mais d’une nouvelle étape qui va être décisive et débute au milieu…

5 min.
vol au-dessus d’un nid de coucou… suisse

Dans les années 1970, il existait une autre Suisse que celle que je connaissais. A mille lieues du baby-boom et des Trente Glorieuses. Une Suisse invisible. Un univers fait d’internement, de labeur, de souffrances aussi. Un monde à part où étaient enfermés à double tour des milliers de trisomiques, d’handicapés, de fous ou de miséreux mis au ban de la société. Comme effacés. Un univers heureusement sur le point de disparaître quand je l’ai photographié au cours de l’hiver 1972, quelques mois après avoir obtenu ma maturité fédérale. Quelques mois avant d’entrer à l’université. J’avais alors 20 ans. J’étais curieux et j’ai voulu immortaliser ce que j’avais découvert dans ce qu’on appelait à l’époque pudiquement des maisons de retraite et de soins, à Bärau, Frienisberg, Riggisberg, Utzigen et Worben ainsi…

3 min.
jusqu’au bout de la nuit

«Il faut que le noir s’accentue pour que la première étoile apparaisse.»Christian Bobin, L’homme-joie, L’Iconoclaste, 2012 «Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous.»Pensée attribuée à Paul Eluard Poussé par les mouvements qui brassent l’air autour de l’enveloppe de nylon, mon ballon glisse dans le silence de la nuit claire. Accoudé à ma nacelle, l’œil dans le viseur de mon appareil, je m’empare du monde qui sommeille à mes pieds. Des milliers de traits de lumière dévoilent les compositions géométriques inédites de nos villages, nos villes, nos routes, nos usines… Pas besoin de carte ni de GPS. Même quand les nuages recouvrent le plateau suisse, je sais où je me trouve. Les phares des camions et des voitures qui, sans cesse, dessinent les courbes de nos autoroutes,…

8 min.
cent jours pour chanter ou combattre

La «culture des grillons» a été interdite par le régime communiste durant la Révolution culturelle (1966-1976), car considérée comme un passe-temps bourgeois. Depuis la fin des années 1980, elle est de nouveau à la mode en Chine. Je me souviens encore parfaitement des traits souriants de cet homme âgé, croisé dans une ruelle d’un quartier modeste du cœur de Shanghai. En ce mois de janvier 2016, une brume froide et humide remontait de la mer de Chine toute proche et avait recouvert la plus grande ville du pays. J’y débarquais après avoir traversé en train la moitié de l’Empire du Milieu depuis Hong Kong, où j’étais en résidence artistique pendant six mois. Dix-huit heures de route dans un wagon bondé. Au-delà du sourire, c’est un crissement régulier, à la fois doux…

15 min.
l’effondrement des insectes.

Les entomologistes appellent cela le phénomène du pare-brise. «Vous verrez que cela parle à tout le monde. On se souvient tous du temps où les insectes venaient s’écraser sur le pare-brise», déclare Wolfgang Wägele, directeur de l’Institut Leibniz de recherche sur la diversité animale à Bonn. Aujourd’hui, les automobilistes passent moins de temps à gratter et à frotter. «Je ne suis pas quelqu’un d’émotif, avoue Scott Black, directeur général de la Société Xerces de protection des invertébrés, qui a son siège à Portland dans l’Oregon. Mais cela me fait quelque chose de ne plus voir tout ce bazar sur la vitre avant.» Certains diront que les voitures actuelles sont plus aérodynamiques et donc moins meurtrières pour les insectes. Mais, lorsqu’il était adolescent dans le Nebraska, Scott Black conduisait une Ford…