Vanity Fair France Février 2021

Mariage inédit du glamour et de l’investigation, tous les mois, Vanity Fair ouvre à ses lecteurs les portes dérobées de la culture, de la politique, des affaires et de la mode, célèbre les légendes d’hier, débusque les classiques de demain, conte les grandes sagas du jour. Photographies iconiques, récits long format et regard amusé sur l’écume de l’époque, Vanity Fair est la chronique mensuelle des temps actuels.

País:
France
Língua:
French
Editora:
Les Publications Conde Nast SA
Periodicidade:
Monthly
US$ 4,62
US$ 23,11
11 Edições

nesta edição

2 minutos
stella by starlight

La disparition du mannequin Stella Tennant a marqué, ces dernières semaines, un moment inattendu et triste. Un de plus, à mettre au débit de cette longue année de pandémie – même si Stella n’est pas partie à cause du virus. Le plus étrange, c’est ce qui reste. À son départ ont succédé les apparitions en chaîne de multiples images d’elle prises dans des défilés, des livres, des magazines, des vernissages... Tout à coup, elle était plus présente que jamais et son corps, son sourire, ses yeux, sa silhouette redevenaient familiers. C’est étrange, n’est-ce pas, quelqu’un qui vous quitte d’un coup ? Impossible de reprendre une conversation, d’entamer une discussion ou projeter quoi que ce soit alors que reviennent vous hanter les images du passé. Certains fantômes, comme celui de Serge Gainsbourg,…

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4 minutos
les flamboyantes

Petit matin gris au pied d’une barre d’immeubles à la lisière sud de Paris. Un camion s’engouffre dans la cour d’un modeste bâtiment industriel pour livrer des caisses en bois clair soigneusement fermées. Ouvertes avec d’infinies précautions, capitonnées, elles recèlent, sous des housses zippées, une demi-douzaine de tenues de scène de Sabah, diva libanaise de la chanson et du cinéma des années 1950 jusqu’à sa disparition en 2014. « La merlette » (c’est son surnom) s’est même produite sur la scène de la « Star Academy», version pays du Cèdre. Paillettes, strass, chapeaux, bottes à talons assorties, robes Néfertiti et uniforme de lutin disco sont arrivés tout droit de Beyrouth, retrouvés presque par hasard dans l’entrepôt de la maison de couture William Khouri sur les conseils du coiffeur de Sabah,…

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2 minutos
naissance de la modernité

Cette Tête de femme anonyme cache une drôle d’histoire. Celle d’un portrait en pied peint par Auguste Renoir en 1876, renvoyé chez son auteur par un Edgar Degas furieux après un échange de tableau. Renoir, tout aussi irascible que Degas, le lacéra au couteau à palette, ne gardant que ce visage qu’il s’était donné tant de mal à peindre. Bien lui en prit: le tableau finira dans l’une des plus éblouissantes collections de l’époque: la collection d’Ivan et Mikhaïl Morozov, deux frères issus d’une dynastie industrielle fortunée, « éclairée, cultivée, mais marquée par son appartenance aux “vieux-croyants”, cette branche de l’orthodoxie longtemps persécutée et qui entretient un rapport très particulier à l’image ». « Ils avaient un cran d’avance et ont fait les choix les plus audacieux », explique la commissaire…

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smells like $$$ spirit

La folie des T-shirts de groupes des années 1980 et 1990 n’en finit pas d’exploser, y compris pour ceux qui n’avaient pas été les plus populaires. Les groupes anglais indés, par exemple, sont très prisés, à commencer par Spacemen 3 (entre 700 et 1 500 euros pour un T-shirt d’époque minimum) ou Slowdive (un peu moins chers mais plus rares). Les groupes de rap sont tout aussi convoités, notamment Wu-Tang Clan. Mais la valeur la plus sûre de cette étrange bourse au vintage demeure Nirvana, dont le culte traverse les générations. Le groupe vient de battre un nouveau record : un T-shirt commercialisé lors de ses premiers concerts, imprimé à 200 exemplaires au plus, a été vendu grâce au compte Instagram Lars Zed (@larszed) pour 8 400 dollars (7 000…

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les french tacos à l’essai

C’est le premier monument de streetfood française depuis le jambon beurre: une galette de blé pliée en portefeuille farcie d’un mélange décadent de viandes, de frites et d’une « sauce fromagère» (en réalité du Lygomme, substitut synthétique du fromage). Né à Vaux-en-Velin, il a conquis des millions d’ados séduits par son aura porn food transgressive et sonne le glas du kebab. Mais a-t-il un sens gastronomique ? Le chef étoilé du restaurant NE/SO, Guillaume Sanchez, qui ne crache jamais sur un bon McDo, reste dubitatif : « C’est juste plat et gras, proclame-t-il en mordant dans un O’Tacos taille M viande hachée, cordon-bleu et sauce burger [7,50 euros sur toutes les applis de livraison à l’éthique douteuse]. Le plaisir de la junk food, c’est une construction: la caramélisation du steak,…

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3 minutos
soirée divan

Imaginez un chef de la pègre, si angoissé qu’il doit consulter un psy. En 1999, cette situation cocasse inspire deux fictions : la comédie Mafia Blues de Harold Ramis et la série Les Soprano créée par David Chase – une relecture loufoque du film de gangsters, d’un côté ; une introspection sur fond de crise de la masculinité, de l’autre. Derrière ce décalage de traitements, l’ombre d’une révolution télévisuelle dont la question psy sera l’un des fers de lance. Aux tête-à-tête entre Tony Soprano et le Dr Melfi succéderont les thérapies de couple de Tell Me You Love Me (2007), le labyrinthe mental de Homecoming (2018) ou les délires visuels de Maniac (2018) comme autant de symboles de la disparition progressive de la stigmatisation de la folie. « Sur grand…

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