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 / Actualité et politiques
Valeurs ActuellesValeurs Actuelles

Valeurs Actuelles HS Dec 2016

Retrouvez chaque semaine, dans Valeurs Actuelles, l'essentiel de l'information politique et financière.Sous le double signe de la réflexion et du sérieux de l'information, Valeurs Actuelles vous donne un point de vue unique, sans conformisme, sur l'actualité.

Pays:
France
Langue:
French
Éditeur:
Valmonde et Cie
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DANS CE NUMÉRO

2 min.
un art pour l’éternité

Qu’est-ce qui distingue l’art sacré de l’art profane ? La foi en la vie éternelle. « Un crucifix roman n’était pas d’abord une sculpture », a observé l’historien de la philosophie Jean-Pierre Zarader, grand lecteur de Malraux : pas plus que la statue d’un saint ne peut se ramener à un simple “acte esthétique” ; c’est une manière pour l’artiste, peintre ou sculpteur, de transporter le spectateur « du monde profane au monde de l’éternité ». Autre essayiste, académicien, auteur de l’Homme et le Sacré, Roger Caillois a écrit quelques lignes superbes qui résument l’essentiel de notre propos : « Si les dieux n’ont pas créé l’homme immortel, celui-ci dispose d’un moyen de prouver qu’ils ont été timides et par ce biais, de mitiger la malédiction. » Et ce moyen, c’est…

12 min.
les lignes de notre paysage intérieur

Art sacré Sens artistique mis au service de la transcendance, il occupe tout l’espace de dévotion, investit tous les champs de la création, emploie toutes les matières, s’impose par tous les genres. Si, au fur et à mesure, il glisse vers le profane, il n’en demeure pas moins une ode, un poème, une prière. Nous baignons depuis l’enfance dans ses représentations ; on peut ainsi dire qu’il nous façonne. Aujourd’hui encore, les architectes majeurs avouent leur dette au roman, et plus encore au cistercien. L’évidence des racines chrétiennes de notre civilisation n’a jamais échappé à l’historien d’art, qu’il soit croyant, agnostique ou athée. Lorsque la romanité impériale entra en agonie, l’héritage de l’esthétique greco-romaine fut supplanté sur les deux rives de la Méditerranée par un art nouveau impulsé par la foi. Ainsi se…

3 min.
présence des arts sacrés

C’est sottement que l’on a décidé que la peinture, la sculpture, l’architecture et la décoration représentaient une manière de “Bible pour les pauvres”. Naguère, loin d’être incultes, les croyants adhéraient au message et l’art leur permettait alors de retrouver ce qui leur avait été enseigné en chaire. Pour eux, qui connaissaient les codes de la représentation, de la gestuelle, la présence de l’âme dans l’attitude et le comportement, les arts étaient un support supplémentaire… de ces balises que l’on trouve sur un chemin emprunté en commun. De ces balises vivantes et expressives, ilnousresteles œuvres. PHOTOS :DAKG-IMAGES ;AKG-IMAGES/PIETRO BAGUZZI ;YVES LE BESCOND. PHOTOS :AKG-IMAGES/ALBUM/PRISMA ;MUSEO DEL TESORO DI SAN GENNARO/MATTEO D’ELETTO…

10 min.
les visages du salut

Comment les artistes, peintres et sculpteurs, ont-ils pu s’affronter au problème théologique de l’Incarnation, pour en tirer une représentation ? Quel visage donner à Celui qui prit sur lui les péchés de l’humanité pour lui apporter la rédemption, figure contradictoire de la victime innocente et du Dieu victorieux, de l’agneau immolé et du bon pasteur ? Différents regards peuvent être portés sur la figure du Christ, forgés par les siècles. Le premier est celui du signe et du symbole. La tradition juive n’admet pas, en effet, de représentation de Dieu. Et plusieurs siècles après la vie du Christ subsistera une peur de l’idolâtrie qui conduira à proscrire l’image et à lui préférer le symbole.On en retrouve la trace à partir du III siècle,sur les tombes chrétiennes et dans des objets d’usage…

9 min.
sous le regard de la vierge

« Les nations vont marcher vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton lever ». Mère de Jésus, Marie jouit d’une prééminence absolue parmi les saints et a été représentée dès les premiers siècles du christianisme. Selon la légende, le premier portrait de la Vierge a été réalisé par saint Luc. Mais c’est sur les fresques et les mosaïques des catacombes que l’on trouve les premiers témoignages de la piété qu’elle suscitait. Dès la fin du II siècle se développe en effet un art symbolique très simple dans les cimetières chrétiens créés à Rome sous l’impulsion du pape Zéphyrin (199-217). Ces galeries creusées de “niches” renfermant la sépulture des chrétiens étaient ainsi décorées de scènes tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament, visant à donner aux convertis des…

5 min.
un bréviaire pictural

Les représentations de Luc le montrent écrivant son Évangile sur un bœuf couché qui lui sert de pupitre. La Vulgate, le texte latin de la Bible établi par saint Jérôme à la fin du IV siècle, fixa un ordre définitif au corpus des Saintes Écritures : les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc, appelés “synoptiques” car leur récit procède du même point de vue, puis celui de Jean qui s’en distingue. À la suite d’Irénée de Lyon, le même Jérôme identifia les évangélistes aux “quatre vivants” de la vision du prophète Ézéchiel et associa les symboles contenus dans cette vision (homme, lion, bœuf, aigle) à chaque évangéliste. Les artistes suivant généralement à la lettre le texte sacré et ne s’autorisant que de très rares dérogations, on retrouve ces symboles dans les…