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    Pas d’intox ALIMENTAIRES CET ÉTÉ!
    Avec l’été, revient le temps des pique-niques, des barbecues et des salades de crudités si rafraîchissantes. Mais attention à l’hygiène quand il fait chaud ! La saison estivale est celle où les intoxications sont les plus fréquentes.

    Nausées, vomissements, diarrhée, maux de ventre, les intoxications alimentaires se manifestent souvent par des symptômes digestifs et sont liées, comme leur nom l’indique, à l’ingestion d’un aliment. Celui-ci a pu être contaminé par un agent pathogène (bactérie, virus ou parasite) dont la prolifération a été favorisée par la chaleur. Les spécialistes parlent alors de “toxi-infection alimentaire”. Lorsque plus de deux cas apparaissent dans le même environnement, ils doivent obligatoirement être signalés aux autorités sanitaires.

    1310 cas déclarés en 2017

    En 2017 (derniers chiffres connus), ces toxiinfections alimentaires collectives (Tiac) déclarées ont affecté 13010 personnes en France. Mais il ne s’agit que des cas déclarés, qui plus est, de cas collectifs. Or, la plupart du temps, les maux de ventre sans gravité liés à l’ingestion d’un aliment contaminé ne font pas l’objet d’une consultation médicale. Si bien que des épidémiologistes de Santé publique France ont estimé entre 1,28 et 2,23 millions le nombre d’infections d’origine alimentaire survenant chaque année dans l’Hexagone. Plus rares sont les intoxications liées, non pas à la consommation d’une denrée contaminée, mais à celle d’aliments non comestibles. On pense bien sûr, aux champignons, mais l’absorption de plantes est également à l’origine d’un nombre de cas non négligeables (voir notre encadré page suivante). Voici les réponses aux questions qui se posent pour éviter ces accidents alimentaires.

    Quels sont les aliments le plus souvent incriminés?

    Les viandes et les poissons consommés crus ou peu cuits sont des aliments particulièrement à risque, tout comme les préparations à base d’œufs crus (mayonnaise, mousse au chocolat, sabayon…). Mais en fait tous les types d’aliments peuvent être concernés. D’ailleurs, certains sont naturellement contaminés sans que cela pose problème. Par exemple, le poulet cru est très souvent porteur de germes. Comme on le mange cuit, c’est sans danger mais si on le découpe, cru, sur une planche que l’on utilise ensuite pour couper des crudités, elles peuvent être contaminées. Dans la plupart des cas, les pratiques sont davantage en cause que les aliments en eux-mêmes. Dans les cuisines, un certain nombre de règles d’hygiène doivent donc impérativement être respectées (voir encadré page suivante).

    Quels sont les coupables les plus fréquents?

    Selon les estimations des épidémiologistes de Santé publique France, ce sont les norovirus qui sont responsables du plus grand nombre de cas. Leur transmission peut être due à la consommation d’huîtres (qui constituent un réservoir important pour ces virus) mais elle se fait aussi très souvent par voie oro-fécale : la personne qui a préparé le repas ne s’est pas lavé les mains après être passée aux toilettes. Viennent ensuite, toujours selon les estimations de Santé publique France, les infections dues aux bactéries Campylobacter et Salmonella. Parmi les cas officiellement déclarés, 30 % étaient dus aux salmonelles. Celles-ci se retrouvent souvent dans les œufs et dans les préparations qui en contiennent, et on observe un pic d’infections aux salmonelles en juillet-août, la chaleur favorisant le développement de cette bactérie.

    Quelles précautions prendre en voyage?

    Àl’étranger, les normes d’hygiène ne sont pas toujours aussi strictes. Et les populations locales n’ont pas la même immunité ni la même flore bactérienne que nous, elles peuvent donc supporter certaines contaminations que nous ne tolérons pas. Mieux vaut donc boire de l’eau en bouteille, éviter les glaçons et les crudités, et manger uniquement les fruits qu’on a pelés soi-même. Il est aussi préférable de consommer les poissons de petite taille, situés au bas de la chaîne alimentaire (sardines, maquereaux, anchois…) : cela limite le risque d’intoxication due à la ciguatera, une algue toxique présente dans les récifs coralliens, aux Antilles par exemple.

    27% C’est la part des intoxications survenues dans le cadre de repas familiaux.

    Source : InVS.

    10% C’est la baisse du nombre d’intoxications par rapport à 2016. Principalement celles familiales.

    Source : InVS.

    Une infection alimentaire peut-elle être grave?

    Dans leur grande majorité, ces infections sont bénignes, même si tous les niveaux de gravité existent. Et tout dépend aussi de la sensibilité de chacun : un produit contaminé peut ne rien déclencher chez une personne, être à l’origine d’un simple petit inconfort intestinal chez une autre et provoquer de graves diarrhées chez une troisième. Les enfants de moins de 6 ans, les personnes immunodéprimées ou atteintes d’une maladie chronique, les personnes âgées et les femmes enceintes sont les plus sensibles. D’ailleurs, en raison des risques que certaines infections peuvent faire courir au fœtus (en particulier la listériose), les intoxications alimentaires chez les femmes enceintes sont considérées comme potentiellement graves pour le futur nourrisson.

    30% C’est le taux d’intoxications dues aux salmonelles.

    Source : InVS.

    Quand faut-il consulter?

    Les jeunes enfants de moins de 2 ans, les femmes enceintes et les personnes âgées doivent voir un médecin. Pour les autres, il est nécessaire de consulter en cas de diarrhée abondante ou sanglante, de fièvre ou de douleurs abdominales importantes et/ou si plus de deux cas se sont déclarés dans l’entourage. Méfiance également si les symptômes durent plus de 48 heures. En cas de suspicion d’une intoxication liée à l’ingestion de champignons ou de plantes toxiques, il faut contacter le centre antipoison le plus proche.

    Quels sont les traitements?

    La plupart du temps, les traitements sont symptomatiques : le médecin va prescrire des médicaments afin de limiter les douleurs abdominales, la diarrhée et/ou les vomissements. Il arrive qu’une hospitalisation soit nécessaire, par exemple chez les jeunes enfants qui se sont déshydratés en raison de leurs diarrhées. Lorsque l’infection est d’origine bactérienne, le médecin prescrit parfois des antibiotiques, mais les indications sont assez rares.