Esprit de conquête
Avec cette version Sport, Fiat dynamise sa 500X. Plus qu’une finition, c’est un moyen de faire un appel du pied à la clientèle des berlines compactes tout en élargissant son offre pour celle acquise à la cause des SUV.

La finition est correcte et la présentation gagne en cachet avec le pack Sport Plus malheureusement en option (600 €).

Excepté la Tipo qui se positionne sur deux marchés (low cost et traditionnel), Fiat ne dispose pas réellement de modèle calibré pour rivaliser avec les stars des berlines compactes. La mode étant aux SUV, le constructeur italien estime que ce rôle peut parfaitement être endossé par la 500X pour peu qu’elle soit habillée d’une tenue un peu moins baroudeuse, plus urbaine et sportive. Peu de temps après le restylage de 2018, il réorganise donc une nouvelle fois sa gamme pour ratisser large et essayer de satisfaire tout le monde. Exit donc les versions 120th et S-Design, et bienvenue à cette 500X Sport ! Le reste de la gamme évolue également

(voir la gamme p. 52).

Plus basse, cette 500X Sport tente de faire oublier ses origines SUV. L’éclairage full led de série soigne son regard.

➊ La graduation jusqu’à 230 km/h est un peu optimiste, mais elle contribue à l’ambiance. Les compteurs sont assez simples et lisibles.

➋ Les feux arrière conservent le design caractéristique en 3D avec un éclairage LED repris de la 500.

Au premier coup d’œil, la petite nouvelle se distingue principalement par son “kit” carrosserie: nouveaux boucliers avant et arrière, ce dernier intégrant un diffuseur, arches de roue et bas de caisse couleur carrosserie, double sortie d’échappement chromé et, surtout, châssis rabaissé de 13 mm. S’ajoutent des jantes de 18 pouces et une finition gris satiné sur la calandre, les poignées de portes, les coques de rétroviseurs et la baguette de coffre pour la touche classe. Toutes ces modifications rendent visuellement cette 500X plus sexy, plus dynamique et moins… SUV. À noter également, le nouveau coloris Rouge Sport de notre voiture d’essai, disponible en option à 700 €. L’intérieur aussi est redécoré d’une planche de bord Gris Titane, d’un ciel de toit foncé, de sièges et de coutures spécifiques. Disponible en option (600 €), le pack Sport (volant à méplat et casquette d’instrument en cuir et Alcantara, pédalier en aluminium…) accentue le look sportif.

Mais le plus intéressant est ce qui ne se voit pas, à savoir des suspensions et une direction spécifiques.

Du moins quand la Fiat 500X Sport est équipée du 1.3 FireFly 150 ch DCT que nous essayons ici. En effet, si la finition Sport est déclinée sur toutes les motorisations essence et diesel, seul ce moteur bénéficie de réglages spécifiques. Les ressorts et amortisseurs ont donc été retravaillés et la direction recalibrée. Sur le circuit de Balocco, en Italie, où Fiat nous a confié sa petite dernière pour un premier galop d’essai, la différence est immédiatement perceptible. La 500X est plus efficace, vire relativement à plat et offre un bon potentiel d’adhérence. Mais autant le dire tout de suite, rien de réellement sportif ni dynamique à l’horizon. Le comportement reste sage et assez bien équilibré. Poussé à la limite, il conserve un tempérament plutôt sous-vireur – train avant qui tire droit. L’arrière est toujours boulonné au sol et se révèle très passif. L’électronique encadre cette sagesse et intervient ponctuellement si nécessaire via un ESP discret. La bonne surprise vient surtout de la direction. Fini les remontées parasites à l’accélération roues braquées observées sur les autres versions. Elle n’est plus tiraillée par les effets de couple qui ne sont plus qu’un mauvais souvenir. Le rendu est plus naturel, consistant, beaucoup moins élastique. Pour être tatillons, nous dirons qu’elle manque cependant toujours de feeling. Mais nous regretterons surtout que ces progrès ne s’appliquent pas à toutes les 500X puisqu’une fois encore, ces réglages ne concernent que la version essence 150 ch DCT. De fait, les autres motorisations n’offriront pas les mêmes prestations et notamment cette direction améliorée. C’est d’autant plus dommage que le confort ne pâtit pas de ces changements. La suspension travaille correctement, c’est du moins ce que nous avons pu juger. Précisons toutefois que nos conditions d’essai sur circuit n’ont pas permis de pouvoir rentrer dans les détails.

➊ Les jantes de 18 pouces de série cachent un système de freinage qui s’est montré à la hauteur sur circuit.

➋ La boîte automatique à double embrayage manque de mise au point pour offrir l’agrément attendu.

➌ Le petit 1.3 turbo essence de 150 ch se montre assez nerveux. De là à transformer la 500X en petite sportive, il ne faut pas exagérer.

De Sport, la 500X en a le nom et elle l’arbore fièrement. Mais elle affiche un comportement encore assez sage.

Certaines compactes essaient de se faire passer pour des SUV, la 500X Sport, elle, fait l’inverse, notamment en peignant ses boucliers.

Le récent 1.3 FireFly 150 ch se révèle pour sa part très agréable, rond et assez vif, et il réalise des performances plus que suffisantes en usage courant.

Il a aussi la bonne idée de rester discret. Bref, c’est une réussite! Malheureusement, il est mal secondé par la boîte automatique à double embrayage, qui souffre de passages de rapports heurtés et, surtout, tarde à réagir dans les relances. Les palettes au volant (option à 200 €) ne peuvent rien contre cette lenteur et ne présentent finalement pas grand intérêt. À l’usage, le conducteur les oublie vite, autant en faire l’économie. Autre petit bémol: une “inertie” au moment de couper rapidement les gaz après une forte accélération. L’auto continue alors brièvement d’accélérer : désagréable, voire peu rassurant !

EN PASSANT D’UNE VERSION CROSS À UNE VERSION SPORT, LE GAIN EN EFFICACITÉ ET EN AGRÉMENT DU CHÂSSIS RETRAVAILLÉ EST INDÉNIABLE

➊ Des adultes de bonne taille prennent facilement place à bord: l’accès est aisé et les cotes d’habitabilité correctes.

➋ Le coffre dispose d’un plancher amovible très pratique pour ranger des objets ou obtenir une surface plane les dossiers rabattus. Volume dans la moyenne de la catégorie.

➌ Ceux qui la suivent reconnaîtront aussi la 500X Sport à son diffuseur arrière et à sa double sortie d’échappement.

Tarifée 28990 €, somme à laquelle il convient d’ajouter le malus de 690 €, cette Fiat 500X Sport embarque de série la plupart des équipements de confort mais facture ceux liés à la sécurité (détecteur d’angle mort, freinage autonome d’urgence…). Par rapport aux anciennes finitions S-Design et 120th, le surcoût s’établit à 700 €, mais se voit compensé par un équipement plus complet et un châssis plus plaisant. Surtout, pour lui permettre de réussir sa rentrée, Fiat offre 3 000 € de remise ou de reprise sur ce modèle en septembre.

PLUS

Esthétique et présentation sympathiques Châssis efficace Moteur agréable

MOINS

Boîte DCT lente Châssis réservé au 1.3 FireFly Sellerie ferme

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L'auto-Journal - No. 1042

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