Une VILLA d’époque revisitée
Sur la CÔTE D’ÉMERAUDE, un hôtel 5 étoiles s’est invité dans une villa légendaire de DINARD, riche d’une histoire exceptionnelle… Le résultat ? Un univers chaleureux, raffiné et intemporel inspiré des années 30.

Le chef étoilé Julien Hennote et sa brigade

Atypique, l’architecture de cet hôtel hors norme s’explique par l’histoire du bâtiment : à l’origine maison de plage de la villa Sainte-Catherine, appartenant à la famille Faber « promoteur » de Dinard, la bâtisse est mise en vente en 1872. Le colonel Robert William Hamilton, célèbre figure de l’aristocratie britannique très présente à Dinard, s’amusant de son agencement s’exclame « What a Bric à Brac ! » : une légende est née, la villa et le quartier se trouvent ainsi baptisés. Cela ne l’empêche pas de s’en porter acquéreur… Elle devient, grâce à Madame Hamilton férue d’architecture intérieure et du mouvement anglais « Art and Craft », the place to be à Dinard. La saga ne s’arrête pas en si bon chemin : en 1923 la ville rachète la maison et y installe en 1934 la 13e station marine de recherche française. Le Muséum ajoute une aile à la villa (encore !) pour abriter les laboratoires et un aquarium public, d’après une idée du commandant Charcot. La station marine reçoit d’ailleurs les débris de son navire, après son naufrage en Islande en 1937, et lui consacre un musée dans l’aquarium. Tous ces propriétaires et ces diverses fonctions ont laissé leur trace désormais soigneusement mises en valeur dans l’hôtel. Aujourd’hui, la villa a été rachetée par Yann Bucaille et ce n’est pas un hasard, cet entrepreneur est un enfant du pays : il est le petit-fils du fondateur du Yacht Club de Dinard. Il a confié la transformation du lieu en un hôtel 5 étoiles à sa femme Sandra Benhamou, designer, en collaboration avec l’architecte d’intérieur Léonie Alma-Mason. Elles ont réussi à conserver l’ADN du lieu : plafonds en bois, cheminée, escaliers… et à le magnifier. Les clins d’œil à l’ancienne fonction des lieux se multiplient, un motif de poisson stylisé s’affiche un peu partout sur les portes, les placards, les miroirs… On admire des photos du commandant Charcot, des tableaux originaux comme ce portrait très coloré mi-poisson mi-humain à l’entrée du bar l’Aquarium justement installé dans l’ancien aquarium. Ici, la designer a laissé libre cours à son imagination en habillant de superbes mosaïques bleu et or les colonnes, le sol quant à lui a été refait à l’identique dans un esprit très années 30. Comme l’hôtel est construit à flanc de colline, les 25 chambres et suites ont vue sur la mer, tout comme les endroits « stratégiques ». La réception donne le « la », le panorama sur la baie et Saint-Malo dans le lointain est sublime, le soir le soleil se reflétant dans les fenêtres de la cité malouine renvoie une pléiade de scintillement or. Même spectacle au restaurant dans son prolongement et à la bibliothèque à l’étage inférieur. Cette dernière, cœur de Castelbrac, est prolongée d’une immense terrasse où il fait bon lire dès que le temps le permet… La déco des chambres, toutes différentes, un rien années 30, met en avant une gamme de gris pâle relevée de papiers peints élégants et de petits fauteuils de velours colorés. Parmi nos chambres préférées, on citera la 19, la Saint-Jacques, dont la baignoire posée devant la baie en cercle, permet de faire ses ablutions sans perdre une miette du ballet des navettes qui relient Saint-Malo à Dinard et du flux et reflux des marées. Leurs amplitudes, les plus importantes d’Europe, inventent toutes les 6 heures un nouveau paysage. Cependant une douche fermée préserve l’intimité de ceux qui le souhaitent. Mention spéciale pour la 4, la Lyona Faber et sa terrasse ou encore la Saint-Suliac qui a la particularité d’avoir des toilettes ouvrant sur un balcon ! Quant à la Capitainerie qui abrite 5 chambres, elle peut être privatisée. Au restaurant baptisé le « Pourquoi-pas ? », qui est l’ancien bureau du Commandant Charcot, la salle dominée par une superbe charpente s’habille de blanc pour « donner la part belle au ciel et à la mer » souligne Sandra Benhamou. Le chef étoilé Julien Hennote, un ex. du Mas Candille, du Mas des Herbes Blanches et du Royal à Deauville, ne cuisine que des produits locaux et s’efforce de trouver les meilleurs fournisseurs, comme le boucher pour son veau fermier et le pêcheur qui lui propose tous les jours poissons et crustacés. La pêche à pied du jour est délicieuse, le chaud froid de homard magnifique… Bien vu : les paniers pique-niques qu’il prépare pour les hôtes désireux de faire une balade en mer à bord du somptueux Seabrac, le bateau maison tout en bois…. Une salle de soins double estampillée Thémaé, un centre de fitness, une piscine couloir de nage suspendue le long de la falaise entre ciel et mer complètent les bienfaits de cet hôtel où l’on se sent tout simplement bien !

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Voyage de Luxe - No. 81

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No. 81