Estilo de Vida Femenina
Vanity Fair France

Vanity Fair France

Mai 2020

Mariage inédit du glamour et de l’investigation, tous les mois, Vanity Fair ouvre à ses lecteurs les portes dérobées de la culture, de la politique, des affaires et de la mode, célèbre les légendes d’hier, débusque les classiques de demain, conte les grandes sagas du jour. Photographies iconiques, récits long format et regard amusé sur l’écume de l’époque, Vanity Fair est la chronique mensuelle des temps actuels.

País:
France
Idioma:
French
Editor:
Les Publications Conde Nast SA
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11 Números

en este número

3 min.
l’édito de joseph ghosh

Je vous écris depuis les premières journées du confinement, d’un pays qui n’existe plus, sinon dans nos souvenirs conjugués et nos espoirs jamais atteints. Ceux qui persistent à toujours croire en quelque chose de plus vaillant qui surviendra, d’un mélange à peine voilé de hasard et d’efforts conjugués, de résilience et de labeur, de patience et de coïncidences. Au bord d’un gouffre, il faut savoir danser sans tomber, et aussi regarder vers le fond, savoir quel chemin prendre, jeter en même temps un œil derrière soi. Là, du fond de mon confinement, je vois autour de moi les membres de ma famille et, à travers les écrans, les visages familiers de mes amis, collègues, camarades plus ou moins loin de nous. Mais qu’est-ce qu’un éloignement désormais ? C’est l’impossibilité, non…

8 min.
et la mode s’est engagée

Tout a commencé dans une nuit milanaise, en pleine Fashion Week. Un SMS tardif nous informait que le défilé de Giorgio Armani aurait lieu à huis clos. Pas de public. Se protéger et protéger les autres : le maestro de la mode italienne se montrait, à nouveau, visionnaire, même si nous n’imaginions rien, parce que c’était inimaginable, de ce qui allait se passer. Il a ensuite a annulé son défilé croisière à Dubaï. Toutes ses usines italiennes se sont mises à produire des combinaisons médicales à usage unique. Un changement brutal, impératif, auquel la chaîne industrielle a répondu. Premiers touchés en Europe, les Italiens se sont très vite mobilisés. Tandis que Prada fournissait le personnel médical de Toscane en combinaisons et masques de protection réalisés dans son usine de Pérouse,…

3 min.
le maître des horloges

Le 20 mars, à la veille du printemps, un studio parisien devait accueillir notre séance photo pour un numéro de mai à empreinte horlogère. Les grands salons professionnels Watches & Wonders et Baselworld avaient déjà été annulés, mais il nous semblait encore possible de photographier (en tout petit comité) les nouveautés. Ce ne le fut pas. La période qui suivi a dilaté le temps. Dans ce confinement étrange, les heures s’étiraient. On s’attaquait à des livres plus épais que jamais. À travers la vitre du four, on observait les brioches lever. Sur le bord de la fenêtre, on se prenait à regarder pousser un plant de sauge au son des concerts plutôt qu’à celui des infos. Il faisait beau, vous vous souvenez ? Dès le début du confinement, notre gazette quotidienne conseillait…

2 min.
libérées, délivrées

C’est le dernier né de chez Saint Laurent. Le Kaia, en hommage à la top Kaia Gerber, est un sac qu’à une autre époque on aurait qualifié de « it-bag », mais cela ne se dit plus. On se contentera donc d’expliquer qu’Anthony Vaccarello a imaginé cette besace à la taille parfaite et à l’allure intemporelle qui se décline en deux combinaisons de matières, cuir et python ou lézard et cuir. Si on ajoute qu’il est porté dans la campagne de publicité par la coolissime actrice Zoë Kravitz, on a bien tous les ingrédients d’un succès annoncé. ysl.com De la mode aux mots Créatrice de la marque de vêtements féminins de luxe La Prestic Ouiston et en charge du parc ostréicole familial en Bretagne, Laurence Mahéo vient de créer sa maison d’édition…

3 min.
les ailes du désir

Début mars, pendant cette étrange Fashion Week parisienne, une foule se pressait à la tombée de la nuit devant l’hôtel particulier du 12, place Vendôme, adresse du joaillier Chaumet. Pendant des semaines, on ne verrait plus une soirée comme celle-là, mais l’heure était encore à l’insouciance et à la découverte de ce lieu fabuleux, fermé pour travaux et rouvert à l’occasion des 240 ans du joaillier préféré de Napoléon (mais pas seulement). « On n’avait jamais connu un chantier de cette ampleur », expliquait son PDG, Jean-Marc Mansvelt, évoquant « les tonnes d’archives, les plafonds redécouverts au troisième étage qui accueille désormais les ateliers de haute joaillerie ». Parmi les invités planaient les fantômes d’habitués des lieux, à commencer par Frédéric Chopin qui y donna des récitals ou ce maharajah…

9 min.
surfwise

Nous aurions dû nous rencontrer vers chez lui, quelque part entre Biarritz et Saint-Jean-de-Luz. L’endroit aurait été idéal pour approcher cet homme dont on a longtemps pensé qu’il était surtout une planche ou un T-shirt : Shawn Stüssy, tout au long des années 1980 et 1990, aura été le patron d’une marque de surf et streetwear née en Californie vers 1980 et portant son nom. À travers elle, il a habillé beaucoup de monde et inspiré plusieurs vocations, alors que toutes les autres griffes demeuraient confidentielles ou naissaient à peine. Nous portions des vêtements Stüssy quand Supreme était encore loin d’exister. Les autres marques de l’époque s’en inspiraient, d’une façon ou d’une autre. Par exemple Fuct, qui avait quelque chose d’un peu plus irrévérencieux; Duffer, à Londres, qui était un…