À TRAVERS CHANTS PAR STÉPHANE GRANT Au siècle dernier, les grands labels auraient certainement fait des ponts d’or à une Marina Rebeka! Chez quelle chanteuse de sa génération trouve-t-on aujourd’hui pareille somptuosité de timbre, une telle noblesse de ligne et d’intonation, un tel goût aussi - et toutes choses soutenues par la technique qu’il y faut, précédent sine qua non. Ceux qui l’avaient entendue - et pour beaucoup, découverte au Festival de Salzbourg en 2009, dans un Moïse et Pharaon de Rossini dirigé par Riccardo Muti, prophétisaient déjà pour elle, ce soir-là, nombre de grands Verdi à venir, et invoquaient les héroïnes du répertoire français. C’est peu dire qu’à 43 ans désormais, la soprano lettone a comblé ces espoirs, et bien au-delà: sa Traviata a été ovationnée aux quatre coins…