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Rolling Stone France

Rolling Stone France Rolling Stone Hors-Serie, No. 27

Culte, original et créatif, Rolling Stone anticipe les modes, digère les tendances et les met en perspective. Il trouve ainsi sa place parmi les magazines musicaux et multiculturels en envisageant la musique comme moteur de société. L'édition française s'attache, entre légende et modernité, à décrypter les tendances marquantes d'une ""galaxie rock"" toujours en expansion. Profitez de notre offre d’abonnement exceptionnelle : 6 numéros pour le prix de 5 !

Pays:
France
Langue:
French
Éditeur:
POSITIVE MEDIA
Fréquence:
Monthly
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10 Numéros

dans ce numéro

23 min.
au nom de la foi

LE RAMADA INN DE DÜSSELDORF, EN Allemagne de L’Ouest, est situé à la périphérie de la ville, au milieu d’une enfilade d’immeubles de bureaux sans âme. Difficile d’imaginer endroit plus éloigné de l’enchevêtrement de graviers et de briques rouges de Dublin, la ville dont les membres de U2 sont originaires. Imaginez la surprise du batteur Larry Mullen Jr. quand, un matin, au moment de grignoter quelques biscuits avec du thé au bar de l’hôtel, il découvrit devant lui Ronnie Drew, le chanteur de l’un des groupes les plus populaires d’Irlande, The Dubliners. Quinquagénaire, éminence grise de la musique folk irlandaise traditionnelle, Drew peut difficilement être confondu avec un fan de rock’n’roll. Pourtant, le temps de tirer une chaise et de s’approcher de Mullen, il ne tarde pas à donner son…

18 min.
le jeu de la vérité

JE DOIS DIRE QUE JE NE ME VOIS PAS COMME LE MEILLEUR CANDIdat au poste de popstar, lance Bono en traversant Dublin en voiture, par un après-midi couvert de février. Je ne pense pas être très bon pour ça, et je me sens parfois gêné dans ce rôle. À mon sens, il y a des gens à qui cela convient bien mieux qu’à moi.” Il marque une pause ponctuée d’un rire : “Il m’arrive parfois de penser que c’était une erreur : vous avez misé sur le mauvais cheval ! Regarde, je suis bâti plutôt comme un mécano ou je ne sais quoi, un charpentier peut-être. Franchement, regarde mes mains : ce sont des mains de maçon.” Bono a choisi un moment particulièrement tendu pour commencer à s’interroger sur ses aptitudes…

40 min.
voix passionnée

CHÉRIE, J’AIMERAIS TE PRENDRE PAR LA MAIN, t’emmener vers le crépuscule” chante le musicien country, des trémolos dans sa voix mélancolique. Il enchaîne les couplets avec difficulté, butant parfois sur les paroles qu’il oublie et qu’il remplace par un fredonnement, grattant sa guitare et battant la mesure du pied dans un coin de la pièce sombre. Pour finir, il entonne le dernier refrain : “Devrais-je me consumer jusqu’à la fin des temps ? Pour moi, elle est un vrai mystère.” Ce qui rend cette histoire de ballade country larmoyante un peu plus attrayante, c’est que la créature solitaire installée dans son coin, le jeune homme au regard triste qui a écrit la chanson et qui se tient assis dans son modeste château (une tour de garde ancestrale dont les murs de…

14 min.
mysterious ways

COOL, L’ULTIME COMPLIMENT EIGHTIES, résume à peu près tout ce que U2 n’est pas. Le groupe est positif là où il est cool d’être cynique, impliqué là où le détachement s’impose, et ouvert quand il convient d’être évasif. Quand on y pense, en fait, le cool est une notion qui s’applique finalement assez peu aux Irlandais, un peuple aussi enclin à la satire (qu’ils maîtrisent à merveille) qu’au débat et à l’argumentation sans fin, mais faisant rarement preuve d’un quelconque appétit pour le mépris cultivé (la nonimplication délibérée) dont s’enorgueillissent les Anglais. Les Irlandais sont des conteurs, des modeleurs, de géniaux fabulateurs qui vendraient n’importe quoi à n’importe qui et refont le monde plusieurs fois par jour à coups de discussions. Ils ne sont pas du genre à rester passifs…

17 min.
enter the fly

On ne met pas trop de temps à comprendre quelle voiture, dans ce parking de Dublin, appartient à la rockstar. La voici, vibrant hommage à tout ce qui est criard et excessif. C’est une Cortina jaune canari de 1973, dont l’intérieur est recouvert d’imprimés léopard. Et, bien sûr, des dés en peluche sont accrochés au rétroviseur. Bono sourit timidement tandis que le groom du parking conduit jusqu’à lui la Cortina. “Je suspecte fortement l’alcool d’avoir orienté mon choix, dit-il. Maintenant, je dois faire avec les conséquences.” Il n’y a pas si longtemps, cette voiture aurait semblé un accoutrement choquant pour le chanteur de U2, sans aucun rapport avec le statut du groupe champion du caritatif, de la lutte contre la famine et d’Amnesty International, en croisade pour tout ce qui est bon…

22 min.
les magiciens de la pop

QUELQU’UN A MERDÉ, SE trompant de tempo à chaque début du troisième couplet. Et ça pourrit toute la chanson, sans parler du reste du groupe et de l’optimisme fragile qui règne dans la pièce. La tension est palpable. Durant la dernière heure passée à la Factory, centre de répétitions situé dans le quartier industriel des Docklands, dans l’est de Dublin, les quatre membres de U2 ont enchaîné stoïquement, prise après prise, ce qu’ils envisagent comme un interlude dans leur nouvelle scénographie, PopMart : une révision grasse et hip-hop de leur cheval de bataille de 1980, “Bullet the Blue Sky” au sein du gargouillis trip hop de “Miami”. Excepté deux ou trois moments de “Miami” – où la note unique de The Edge se prolonge et où Bono se lance dans un…