Science & Vie

Science & Vie HS No. 295

Premier magazine européen de diffusion de la science, Science & Vie consacre en réalité plus de 120 pages chaque mois à analyser et à décrypter les principales avancées de la connaissance. Dans notre monde formidablement riche en mutations les progrès scientifiques jouent plus que jamais un rôle de premier plan. A l'écoute de tout ce qui se découvre, s'invente, se discute, se construit, nos journalistes scientifiques mettent tout leur talent de vulgarisateurs au service de nos 3 millions de lecteurs qui souhaitent mieux comprendre et anticiper les transformations de la vie par la science. Nos articles sont abondamment illustrés, clairs, nets et précis.

Lire plus
Pays:
France
Langue:
French
Éditeur:
Reworld Media Magazines
Fréquence:
Monthly
3,70 €(TVA Incluse)
30,99 €(TVA Incluse)
12 Numéros

dans ce numéro

1 min
changer de point de vue

Pourquoi l’Homme doit-il s’intéresser aux animaux? Surtout pour une espèce supérieure qui a déjà fort à faire pour se comprendre elle-même? Eh bien, précisément. Une bonne partie des études sur les comportements des animaux (l’éthologie) est motivée par la recherche de facultés qui seraient présentes chez nous, mais totalement absentes chez eux. Étudier l’humain en regardant les bêtes, pour révéler “en creux” ce qui fait de lui un animal pas comme les autres. Changer de point de vue, en quelque sorte. Le contrechamps s’avère riche d’enseignements. Car plus les éthologues scrutent les bêtes en quête du propre de l’Homme (émotions, intelligence, culture…), plus ils découvrent que rien de tout cela ne constitue le pré carré de l’humanité. Encore a-t-il fallu, pour le comprendre, que nous daignions descendre de notre piédestal pour…

2 min
“ils l’ont dit”

“L’âme animale se distingue de l’âme végétale en ce qu’elle est douée d’une faculté de sentir. L’âme humaine se distingue de l’âme animale en ce qu’elle a une faculté de connaître” Aristote, PHILOSOPHE GREC (DE ANIMA, 384-322 AV. J.-C.) “L’homme n’est pas le seul animal qui pense, mais il est le seul à penser qu’il n’est pas un animal” Pascal Picq, PALÉOANTHROPOLOGUE (TÉLÉRAMA, 2015) “Je regarde comme une chose démontrée qu’on ne saurait prouver qu’il y ait des pensées dans les bêtes” René Descartes, MATHÉMATICIEN ET PHILOSOPHE (LETTRE ÀMORUS, 1649) “Si j’essaie d’imaginer quel effet cela fait à une chauve-souris d’être une chauve-souris, je suis borné aux ressources de mon propre esprit, et ces ressources sont inadéquates pour cette tâche” Thomas Nagel, PHILOSOPHE (THE PHILOSOPHICAL REVIEW, 1974) “Le chien a son sourire dans sa queue” Victor Hugo, ÉCRIVAIN (L’HOMME…

16 min
les nouvelles clés de la pensée animale

Certes, il est difficile de demander à un animal pourquoi il se comporte d’une façon ou d’une autre. Pour autant, l’absence de langage n’a pas découragé les chercheurs de percer les tréfonds de la pensée animale. À l’instar des pères de l’éthologie moderne –cette science née dans les années 1970 qui étudie leurs comportements–, les scientifiques d’aujourd’hui continuent d’observer les animaux. À la fois dans leur milieu de vie, en pleine nature, dans un pâturage ou une étable, où les outils d’études se diversifient et se modernisent. Et en laboratoire, en les scrutant à l’aide d’instruments plus précis, mais aussi de moins en moins barbares, sous l’effet d’une prise en compte croissante de leur bien-être, sachant que souris et autres primates de laboratoire ont déjà payé un lourd tribut à…

1 min
aux origines de la cognition

Nos cerveaux se sont complexifiés au fil de l’évolution L’étude du cerveau animal montre que les principales structures neuronales sont présentes très tôt dans l’évolution. La différence la plus notable étant la taille respective de ces structures chez les différentes espèces. L’intelligence n’est pas liée à la taille Quel critère reflète le mieux l’intelligence d’un animal ? Si la taille du cerveau a de l’importance, il faut aussi prendre en compte le nombre de neurones. Et essayer de le corriger en fonction de la taille de l’animal pour pouvoir les comparer entre eux. C’est l’objectif du coefficient d’encéphalisation, un ratio fondé sur le volume endocrânien et la masse corporelle. Un critère dont la pertinence reste toutefois discutée.…

13 min
et pourtant, ils sont sensibles !

Un “chien joyeux”, un porc qui émet “un sourd grognement de satisfaction”, un “taureau furieux”, un “jeune orang-outan jaloux”, un lézard qui “manifeste sa colère”, un “chimpanzé désappointé et de mauvaise humeur”… Ces extraits de L’Expression des émotions chez l’homme et les animaux, publié en 1872 par Charles Darwin, ne laissent planer aucun doute: pour le père de la théorie de l’évolution, les animaux sont non seulement des êtres doués d’émotions, mais d’émotions presque aussi complexes et multiples que celles des humains. À vrai dire, rien d’étonnant à cela puisque selon lui, l’homme et les animaux ne sont pas des créatures indépendantes: elles ont une origine biologique commune et présentent donc des comportements et des émotions très comparables, fruits de cette parenté évolutive. Un siècle après la publication de cet ouvrage…

1 min
sensibilité ou sentience ?

“La sensibilité est une aptitude à réagir à des stimulations externes ou internes”, rappelle Pierre Le Neindre (Inra de Tours). Une définition, qui, prise à la lettre, inclut également les plantes, voire des objets. “La sensibilité que l’on sous-entend chez les animaux est une sensibilité nerveuse”, éclaire Georges Chapouthier (CNRS). Avec différents degrés : ressentir ce qui peut altérer son intégrité physique, la chaleur par exemple, avec un réflexe de retrait, ou une douleur, ce qui implique une dimension émotionnelle. Et puis, ajoute Pierre Le Neindre, “au-delà de la douleur, il y a la souffrance : ce n’est plus une altération des tissus mais une altération de l’état, ce qui implique une certaine forme de conscience”. C’est pourquoi certains prônent l’utilisation du terme “sentience”. Utilisé de longue date dans la…