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Actualité et politiques
Valeurs Actuelles

Valeurs Actuelles HS Mars 2016

Retrouvez chaque semaine, dans Valeurs Actuelles, l'essentiel de l'information politique et financière.Sous le double signe de la réflexion et du sérieux de l'information, Valeurs Actuelles vous donne un point de vue unique, sans conformisme, sur l'actualité.

Pays:
France
Langue:
French
Éditeur:
Valmonde et Cie
Fréquence:
Weekly
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52 Numéros

dans ce numéro

2 min.
police d’assurance nationale

« La police ! À ce seul mot, je vous ai vu dresser l’oreille. Ah ! le redoutable pouvoir de tout chercher, de tout fouiller, de tout connaître par des moyens mystérieux ! Que de secrets, que d’intrigues, que de drames ! Partout des espions, des souricières, des filatures, des chausse-trapes, des embuscades, des hommes marchant dans les murs… » Clemenceau visait juste. On devine le journaliste derrière le ministre de l’Intérieur qu’il est depuis sept mois quand il prononce ce discours devant ses électeurs de Draguignan, le 14 octobre 1906. Si ce n’est pas sa police qu’il décrit là, c’est bien celle que l’opinion publique a en tête. Telle qu’elle la voit. Et ceci, de tous les temps. «Ah ! mes amis, corrige-t-il, que nous sommes loin du compte !…

16 min.
la police nationale vue de l’intérieur

“La rue, c’est le champ d’honneur de la police et ses pavés sont trop souvent teints du sang de ses agents.”François-Marie Stellet, Haut les mains !, 1927 Rien ne me prédisposait à m’occuper de police. À la sortie de l’Ena, j’avais choisi le corps préfectoral par goût de la province et du développement local. Et, finalement, j’y aurai consacré, dans différentes fonctions, pas loin de dix ans. J’en suis devenu un familier. Déjà, jeune sous-préfet, j’ai eu la chance de représenter le ministère de l’Intérieur dans les travaux que conduisait Alain Peyrefitte et qui devaient aboutir à la loi sécurité et liberté (1981). Mon interlocuteur auprès du garde des Sceaux était Vincent Lamanda, qui deviendra premier président de la Cour de cassation. Mais mon orientation policière tient à Charles Pasqua dont je…

16 min.
le dernier rempart des citoyens

Ministère de l’Intérieur, Paris, place Beauvau, le 25 juillet 1995. Le temps est superbe sans presque aucun nuage pour masquer le soleil. Il est à peine plus de 17 heures, le calme règne. Soudain, tout bascule en moins d’une minute, avec le premier d’une série d’attentats qui marqueront l’été et l’automne 1995. Leurs pneus crissant sur les pavés, les voitures sortent du garage ; celle du ministre se range devant le perron ; les officiers de sécurité jaillissent de leurs deux petits bureaux contigus, le dévalent et s’engouffrent dans les “suiveuses”, sauf un qui tient ouverte la portière du véhicule ministériel ; Jean-Louis Debré les talonne et s’y jette ; plusieurs de ses collaborateurs les plus proches se précipitent dans les autres alors qu’elles commencent à rouler ; les lourdes grilles de ferronnerie s’ouvrent…

3 min.
la pp, une institution d’exceptions

À la Libération, 167 policiers parisiens furent tués, ce qui, à leurs yeux, justifie la singularité de leur statut. En France, il n’existe que deux préfectures de police à proprement parler. Celle de Paris et celle de Marseille, établie en octobre 2012. La “PP”, comme l’appellent les fonctionnaires et les policiers qui connaissent l’institution, est une exception en France. Créée en 1800 par Bonaparte, elle cultive, depuis, son indépendance à l’égard de la Police nationale, qui elle, est compétente sur tout le territoire excepté là où la PP exerce effectivement son autorité en matière de sécurité et de démarches administratives : àParis mais aussi dans les départements de la petite couronne. Les policiers qui y travaillent y accomplissent souvent toute leur carrière. Dirigée par le préfet de police, lui-même nommé en Conseil des…

7 min.
la reynie, la voisin et les poisons

Le 24 août 1665, le lieutenant criminel de Paris, Jacques Tardieu, est assassiné avec son épouse dans son hôtel de l’île de la Cité. L’émotion est immense. Le 15 mars 1667, Louis XIV crée, à Paris, à la demande de Colbert, la Lieutenance générale de police. Gabriel Nicolas, seigneur de La Reynie, un Limousin né en 1625, en est le premier titulaire. Son objectif : « Assurer le repos du public et des particuliers, purger la ville de ce qui peut causer les désordres, procurer l’abondance et faire vivre chacun selon sa condition. » Pendant trente ans, libre de son action, La Reynie métamorphose la ville et sa police. Il dirige 55 commissaires enquêteurs, installe 2 736 lanternes publiques, réorganise le guet, dispose d’observateurs qui scrutent l’opinion publique, développe la prévention des…

6 min.
sartine, le “vice-ministre” de louis xv

“La confiance directe du roi, les relations continuelles avec la Cour et le nombre de choses dont il se mêle.” « Lieux, noms, jours, dates et heures, tout y est. Antécédents cachés, intrigues mystérieuses, tout s’y retrouve. Il n’est point de mur épais, de porte verrouillée, ni de boudoir secret pour la police de MM. les inspecteurs. » Dans le préambule du Journal de Sartine, réédité en 1863 après avoir été partiellement perdu, l’éditeur s’enthousiasme de tous ces renseignements récoltés patiemment par le lieutenant général de police de Louis XV. Les anecdotes abondent, souvent licencieuses, compromettantes même pour de nombreuses familles parfois illustres, mais l’éditeur ne croit pas bon de les garder pour lui maintenant que le temps a fait le deuil de ces personnages qui peuplent ces rapports quotidiens. «…