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Rolling Stone France

Rolling Stone France HS No. 37

Culte, original et créatif, Rolling Stone anticipe les modes, digère les tendances et les met en perspective. Il trouve ainsi sa place parmi les magazines musicaux et multiculturels en envisageant la musique comme moteur de société. L'édition française s'attache, entre légende et modernité, à décrypter les tendances marquantes d'une ""galaxie rock"" toujours en expansion. Profitez de notre offre d’abonnement exceptionnelle : 6 numéros pour le prix de 5 !

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Country:
France
Language:
French
Publisher:
POSITIVE MEDIA
Frequency:
Monthly
£4.20
£33.62
10 Issues

in this issue

2 min
free press les bonnes feuilles

Aux États-Unis Créé en 1966 au coeur de la ville sur la baie, The San Francisco Oracle fut jusqu’en 1968 l’organe du mouvement hippie, dont il servait clairement la cause. Entre une recette de gâteau au haschich ou le témoignage d’un GI revenu du Vietnam, des reproductions de casse-tête extraits d’albums d’enfants d’avant-guerre invitaient le lecteur aux cheveux longs à retrouver des visages cachés au milieu de dessins enchevêtrés… L’ancêtre en quelque sorte de Où est Charlie?, en plus compliqué cependant, si l’on tient compte de la conscience généralement embrumée du lecteur aux cheveux longs en question. Fondé en 1964 e t toujours édité aujourd’hui, l’hebdomadaire The Los Angeles Free Press (surnommé “Freep”) vendait jusqu’à 150 000 exemplaires par semaine et conviait dans ses colonnes l’aristocratie de la contre-culture: Charles Bukowski, Bob…

3 min
the dream is over

JE SUIS ALLÉ LÀ-BAS EN ESPÉRANT TROUVER UN ENDROIT éBLOUISSANT plein de bohémiens sympas créant des œuvres d’art. (…) Mais c’était bourré d’horribles adolescents fugueurs, boutonneux et défoncés. (…) Beaucoup d’entre eux étaient très jeunes, venus de toute l’Amérique dans cette Mecque du LSD…” C’est en ces termes très amers que George Harrison, dans le documentaire The Beatles Anthology, décrira sa visite éclair à Haight-Ashbury en plein coeur de ce fameux été (d’amour) 1967. À peine sacralisé (le Monterey Pop Festival), le grand rêve hippie a déjà du plomb dans l’aile. Les enfants-fleurs n’y sont pas pour grand-chose. La réalité les a tout simplement rattrapés. Un bloc de béton et d’horreur qui a pour nom Vietnam: un demi-million de boys englués dans le bourbier, un pays globalement hostile à cette guerre…

1 min
mythique

LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND de Sergio Leone MGM TROISIÈME VOLET DE LA “dollar trilogy” entamée avec Pour une poignée de dollars et Pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute et le Truand préfigure déjà, à sa façon, le chef-d’oeuvre Il était une fois dans l’Ouest. On parle encore à l’époque de western spaghetti, terme assez péjoratif désignant ces westerns de série B tournés loin d’Hollywood, mais les fondamentaux sont là. Le film est plus que jamais une partition à deux voix: celle de Sergio Leone et de son compositeur fétiche, Ennio Morricone. Ensemble, ils créent une symphonie sonore et visuelle à partir de clichés vieux comme John Wayne. Les scènes d’anthologie ne manquent pas. Clint Eastwood, cigarillo au bec et poncho mexicain, est monolithique, donc absolument parfait. A.G.…

1 min
le beau serge

SERGE GAINSBOURG Initials B.B. Fontana-Mercury PLUS ENCORE QUE Bonnie and Clyde, sorti la même année, ce patchwork compilé en 1968 met un point final à la love story entre le beau Serge et l’icône Bardot. “Comic Strip” et “Bonnie and Clyde” y côtoient des douceurs plus anciennes comme “Qui est ‘in’ qui est ‘out’”, “Docteur Jekyll et Monsieur Hyde” et autres “chansons d’amour… amorales ou immorales” – mais pas la version originale de “Je t’aime… moi non plus”, qui ne sortira qu’en 1986. Sur des arrangements somptueux signés Michel Colombier, David Whitaker ou Arthur Greenslade, Gainsbourg atteint ici la quintessence de son style sixties, parachevée par une Ford Mustang postrupture désabusée en diable. Entre in et out, “amour fiction” et égérie perdue, Gainsbourg traverse le miroir, laissant un manifeste de french pop inégalable. V.G.…

5 min
full sentimental

SUR LA CÔTE OUEST, L’ANNÉE A DÉMARRÉ SUR LES CHAPEAUX de roues, dans ce vrombissement électrique qui percutera la légende l’année suivante, via le film de Dennis Hopper, Easy Rider: Steppenwolf, groupe canadien basé à L. A., immortalise le trip biker avec l’imparable “Born to Be Wild” – et son prémonitoire “Heavy Metal Thunder”. “The times they are a-changin’”, avait prophétisé Dylan. Au moment où Jefferson Airplane a les honneurs de la couverture de Life, en juin, San Francisco n’est déjà plus vraiment l’épicentre de la scène musicale californienne. Le succès est toujours au rendez-vous (Crown of Creation, pour l’Airplane, Anthem of the Sun pour le Dead, Cheap Thrills, second et ultime album gravé par Janis Joplin avec Big Brother & The Holding Company, le premier Quicksilver Messenger Service), mais…

10 min
martin scorsese

Quel est votre souvenir des sixties qui surpasse tous les autres? La musique était super. J’ai commencé à écouter différentes sortes de musique. Au début des sixties, c’était la pop music et cela a changé quand les Anglais sont arrivés. Les Beatles ont fait de la pop music un art, puis il y a eu les Rolling Stones. Comme je le disais dans le documentaire sur Bob Dylan, la première chanson que j’ai entendue de lui a été “Like a Rolling Stone” parce qu’elle était dans le Top 40. Je n’écoutais pas “Gates of Eden”, je n’avais pas acheté les albums folk. Il jouait au Gerde’s Folk City (à New York, dans le quartier de Greenwich, ndlr), juste au coin de la rue de l’école de cinéma, mais nous n’y sommes…