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SeptSept

Sept

No. 27

Sept est un bimestriel qui propose les meilleures histoires du site sept.info. Sept, c'est le premier mook (contraction de «magazine» et de «book» en anglais) de Suisse.

Paese:
Switzerland
Lingua:
French
Editore:
Sept.ch, SA
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edito patrick vallélian

Chère lectrice, Cher lecteur, Comment les appeler? Génies des maths? Surdoués de la physique? Sorciers? Fous? Devins? Qui sont vraiment ces êtres humains qui, grâce à la science, ont osé, un jour, sortir des routes toutes tracées de leur temps? Qui ont cassé les codes? Qui ont pris le risque de bouleverser l’ordre établi? Aujourd’hui, ils peuplent nos universités, nos écoles polytechniques, comme celle de Lausanne qui fête ses 50 ans ( lire pages 58 à 79 ), mais hier… Hier, ces scientifiques étaient considérés comme suspects, étranges. Ils inquiétaient. Faisaient peur. On les disait possédés par le diable. Beaucoup ont brûlé sur des places publiques. Certains, comme Galilée, se sont tus pour éviter une condamnation à mort. D’autres ont croupi dans des prisons, mis au ban d’une société qui peine toujours à…

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un, personne et cent mille majorana

Il y a 80 ans, dans la nuit du 26 ou peut-être celle du 27 mars 1938, le génie sicilien de la physique moderne Ettore Majorana disparaissait. La dramaturgie qu’il a écrite avant de se soustraire au monde semble l’œuvre d’un maître de la mise en scène. Lui qui se passionnait pour le théâtre – surtout pour celui de Pirandello et son Six personnages en quête d’auteur – aurait pu, à l’inverse, intituler ce qui s’est écrit à son éminent sujet, Six auteurs en quête d’un personnage. LE PERSONNAGE PRINCIPAL LE PHYSICIEN: Ettore Majorana LES AUTEURS LE PROCUREUR: Pierfilippo Laviani LE PROFESSEUR: Erasmo Recami LES HISTORIENS: Nadia Robotti, Francesco Guerra LE PARENT: Stefano Roncoroni L’ÉCRIVAIN: Leonardo Sciascia LE MÉDECIN: Giovanni Forte LES PERSONNAGES SECONDAIRES LE COLONEL: Luigi Ripani LES JOURNALISTES: Giuseppe Borello, Lorenzo Giroffi, Andrea Sceresini LE PHYSICIEN: Edoardo Amaldi LES PARENTS: Ettore Majorana…

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acte i

Pierfilippo Laviani du Parquet de Rome est à la retraite depuis octobre 2017. Il a opté pour un café près du Tribunal du Piazzale Clodio pour nous parler de son enquête. «La seule à ce jour qui ait été ouverte», précise-t-il, les yeux brillants et le regard perçant. Son phrasé est lent, percutant. Il est rompu à l’art de reconstituer les parcours, les vies, les destinées. Le cas sur lequel il s’est penché fin 2008 débute à Catane le 5 août 1906. Ettore Majorana naît dans une famille où l’on est ministre, sénateur, avocat ou encore professeur d’université. Après avoir étudié chez les jésuites à Rome, où enseigne son père diplômé en ingénierie, en physique et mathématiques, Ettore suit des cours d’ingénierie, puis est enrôlé dans l’Institut de physique de…

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acte ii

Septante ans plus tard, les journalistes de l’émission Qui l’a vu? diffusent un avis de recherche concernant Majorana. «Au départ, cela n’a rien à voir avec le physicien, précise le procureur Laviani. L’avis émis concernait un Majorana disparu avec sa fille, probablement un cas de lupara bianca » (procédé utilisé par les mafieux pour faire disparaître un corps, ndlr ). Un dénommé Francesco Fasani se manifeste auprès des journalistes qui, après l’avoir entendu, choisissent d’en référer au Ministère public. «Que l’équipe de Qui l’a vu nous montre qu’elle a pris au sérieux le témoignage de Fasani», ajoute le magistrat, qui procède alors à l’audition du témoin. Ce dernier explique avoir émigré au Venezuela en 1955 à la suite d’un conflit avec son père. Peu après son installation comme mécanicien à…

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acte iii, scène 1

«Ils se ressemblent beaucoup», assure à son tour Giuseppe Borello, l’un des journalistes (avec Lorenzo Giroffi et Andrea Sceresini) partis prolonger sur place l’enquête du procureur frustré par des autorités vénézuéliennes peu réceptives. Restés un mois et demi en Amérique latine, Giuseppe et ses confrères en ont ramené une certitude: «Francesco Fasani disait la vérité. Ce qu’on a pu vérifier in situ correspondait à ses déclarations. Dommage qu’il soit mort entre temps…» Le Signor Carlo a bel et bien existé: de son vrai nom, Carlo Venturi, gendre d’un des plus importants constructeurs italo-argentins du siècle dernier, Juan Barassi. Ciro, l’autre ami, travaillait réellement à la banque devant laquelle a été prise LA photo soumise au RIS. Le propriétaire de la maison où l’identité de Bini est révélée à Fasani se…

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acte iii, scène 2

Cette hypothèse vénézuélienne aurait pu être le prolongement d’une piste ouverte dans les années 70 par le physicien Erasmo Recami. Enseignant et chercheur considéré comme l’un des deux biographes de Majorana – l’autre étant le physicien italien Edoardo Amaldi ‒ Recami vit retiré au Brésil une partie de l’année. Mais, entre ses cours à l’université et un peu de tourisme dans des zones reculées et hors réseau, il accepte d’échanger sur le sujet par mail et par WhatsApp. Il affirme avoir pris connaissance de la correspondance d’Ettore en se rapprochant de Maria (la sœur du génie) et de la famille Majorana, à partir de 1968, lorsqu’il enseignait la physique à Catane. Ettore Majorana aurait fui sa ville natale et ses parents en accomplissant le désir du héros pirandellien Mattia Pascal,…

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