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L'Express No.3561

Chaque semaine, vous retrouvez les grands thèmes de l’ACTUALITE politique, économique, sociale et culturelle DECRYPTES en toute indépendance par de grands EDITORIALISTES reconnus dans leur domaine d'expertise. Des grands dossiers, des enquêtes exclusives et des reportages inédits redonnent du SENS à l'actualité et vous permettent de mieux COMPRENDRE le monde actuel.

:
France
言語:
French
出版社:
Groupe Express Roularta
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この号

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les mots justes de chirac

Directeur de la rédaction C’était l’époque où la politique était une chose sérieuse, comme disait Marie-France Garaud, qui fut longtemps sa mentor. Jeune loup aux dents particulièrement aiguisées, le Chirac des années 1960 croquait la vie à la vitesse de l’éclair et sa soif de pouvoir semblait alors inextinguible. Sans être Jupiter, ses accents martiaux réveillaient le landerneau politique. Réac un jour, travailliste « à la française » le lendemain, son caractère sympathique faisait oublier ses trahisons et sa versatilité idéologique. Seule la case de l’Elysée semblait s’éloigner de lui, nourrissant chez l’homme de Saint-Féréole la mélancolie d’une ambition insatisfaite. Les années 1990 sont passées par là, et le génie politique de Chirac se traduisit par cette splendide « remontada » dans la campagne électorale de 1995, sur fond de fracture sociale…

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chirac, par-delà les nuages

Il ne fut pas le dernier grand président, il fut le dernier long président. Douze ans à l’Elysée, certes moins que son prédécesseur, François Mitterrand (deux septennats), mais n’est pas né celui qui battra ces deux hommes – le quinquennat est passé par là. L’un comme l’autre ont fait partie de notre vie. Dans la revue Zadig, Mona Ozouf, rappelant la réponse apportée par le socialiste charentais à ses conseillers qui lui suggéraient de planter des arbres de la liberté sur le chemin le menant jusqu’au Panthéon, au premier jour de son « règne » (« On ne plante pas d’arbres en mai »), relève : « Une phrase définitive et qui, à sa manière, dit tout. Celui qui aime la terre et les arbres sait qu’on plante à “la…

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le pouvoir et l’oubli

Jacques Chirac a toujours conjugué la politique au présent, ne se retournant guère sur le passé et se préoccupant fort peu du jugement des siècles futurs. Son empathie, sincère, explique l’émotion qui accueille sa disparition. Son goût de l’improvisation, voire son opportunisme, justifie le peu de curiosité intellectuelle que suscite son parcours. C’est pourquoi l’avenir sera cruel avec lui. Dans les livres d’histoire, pour la seconde moitié du XXe siècle, il sera déjà difficile de caser, au côté de l’imposante figure du général de Gaulle, le profil tortueux de François Mitterrand. Il n’y aura pas de place pour Jacques Chirac. Il lui sera pourtant reconnu un véritable sens du peuple. En lutte puis en communion avec lui, il n’a cessé de l’interroger, de le solliciter, de penser à lui. Sans convictions…

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le conquérant

Charles de Gaulle s’était affaissé sur la table de sa « crapette » vespérale, cartes en main, en cette Boisserie qui était depuis l’après-guerre une vraie retraite de méditation sur le siècle. Jacques Chirac, lui, s’est éteint après plusieurs années de réclusion à son domicile, invisible et mutique. Mais n’était-il pas diminué depuis trop longtemps, mémoire disloquée et jambes défaillantes, pour percevoir autre chose que les malheurs ? La mort de sa fille aînée, Laurence, en avril 2016, l’a poussé vers la nuit plus encore que la vieillesse et la maladie… A l’ultime seconde, a-t-il songé à son grand-père Louis, directeur d’école « rad-soc » en Limousin ? A sa sœur aînée Jacqueline, morte à 18 mois et dont le souvenir baigna l’enfance de Jacques, gavé d’amour par sa mère ?…

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l’album

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le corrézien

La Corrèze a, depuis, donné un autre président à la France. Et pourtant! Longtemps après son départ de l’Elysée, le souvenir du « Grand », comme on le surnommait encore dans le département, a plané sur cette terre de granit où prolifèrent les cèpes et les hommes politiques. Jacques Chirac est corrézien. Gamin de Paris, il passe ses vacances dans le pays de ses quatre grands-parents, dont Louis Chirac, une figure « rad-soc » de Brive, directeur d’école et franc-maçon notoire. Dans le village de Sainte-Féréole, il s’initie à la traite des vaches, pêche l’écrevisse, joue au baby-foot. Des bonheurs de gosse qui lui feront écrire dans ses Mémoires (1) : « Dès cet instant, je me suis senti physiquement, instinctivement plus corrézien que parisien. » La suite confirmera son…

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