Vogue Paris

Vogue Paris Fevrier 2019

Le magazine des tendances de ce qui fait la mode des femmes. Le magazine qui réinvente de manière chic, élégante créative, passionnée, extraordinaire les tendances d'aujourd'hui et de demain.

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국가:
France
언어:
French
출판사:
Les Publications Conde Nast SA
빈도:
Monthly
₩5,239
₩26,236
10 발행호

이번 호 내용

1
diamants délurés

10
fille ou garçon, ce n’est plus la question

LA PORTE S’OUVRE et l’espace d’un instant, on croit reconnaître Lady Stardust. La chevelure est rousse, longue, ramenée en chignon. La silhouette longiligne androgyne dégage fugacement cet «animal grace» qui illumine le morceau de Bowie. Ludovic de Saint-Sernin, 28 ans, reçoit dans son appartement showroom du quartier de Belleville. Assis dans son salon, il s’amuse à détailler sa tenue en commençant par ses chaussures, des Tabi Shoes. «Ça, c’est de l’homme mais inspiré de la femme, ça c’est de la femme (il montre son pantalon)», avant de terminer sur son sous-pull noir moulant, «de l’homme». «Je mets juste ce qui me va. Je ne pose jamais la question de savoir si je fais du shopping dans la section homme ou femme.» Ludovic de Saint-Sernin est le dernier vainqueur du prix de…

3
corps volatils

Si la mixité est un sujet exploré depuis les prémices du parfum, les fragrances «non genrées» représentent une nouvelle nuance fulgurante. «La parfumerie est le reflet de la société, explique Francis Kurkdjian. La fluidité des genres à laquelle on assiste aujourd’hui ne détermine pas la féminité ou la masculinité, elle dit seulement : je ne veux pas que les autres me définissent.» La singularité de ce type d’effluves ? Une valeur d’universalité, via des accords qui ne nous enferment pas dans une case : «Une chose est certaine, les amateurs se soucient peu, comme moi d’ailleurs, du genre des odeurs. Et le fait que le bois de cèdre soit généralement associé aux hommes et la rose aux femmes n’est que pure convention… Il suffit de voyager pour s’en rendre compte»,…

6
tomboy style

QUAND LE PREMIER SOUVENIR que vous avez d’Erika Linder, c’est une série dans le magazine «transversal» Candy (celui-là même qui s’était fait connaître en mettant en couverture James Franco maquillé comme une drag-queen possédée) jouant sur sa forte ressemblance d’époque avec Leonardo DiCaprio jeune (sourcils froncés, bouche de bébé, clope allumée et mèche lubrifiée), vous vous attendez forcément à ce que sa voix soit au moins aussi grave que celle d’un Barry White piqué à la testostérone. Eh bien non. La voix est fraîche, vive, claire, cristalline même. Et bam pour les a priori. Et même si Erika s’attachera au cours de l’entretien à mettre en avant son goût pour le rock, ses contes et ses légendes, rien n’empêchera de voir en elle une personnalité extrêmement saine, healthy même. Il…

15
tisci, accent british

À 44 ans, le plus parisien des Italiens, devenu maître du romantisme dark et du noir, a accepté un nouveau challenge : revisiter les codes de la marque comme le trench, ouvrir les classiques maison au monde, travailler les teintes claires. Rencontre chaleureuse au siège de Burberry, niché dans le quartier de Lambeth à Londres, entre le MI5 et le MI6, avec un homme charmant, en jogging noir, qui a été l’un des premiers à avoir fait défiler des mannequins transsexuels. Il nous parle de son enfance pauvre, de ses goûts, de ses combats, et de sa vision de Burberry. Vous êtes italien, vous avez étudié à Central Saint Martins, travaillé douze ans à Paris, et maintenant vous êtes de retour à Londres… Quel rapport entretenez-vous avec l’Angleterre ? Mon lien avec…

5
le voyeur chic

MERCI, MON ENFANT», disait toujours Bill Cunningham, lorsqu’il refusait ma proposition de partager un taxi après les défilés new-yorkais. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, il préférait enfourcher son vélo, coiffé de sa casquette et vêtu de sa sempiternelle veste d’ouvrier bleu azur. Le photographe aux soixante ans de carrière qui a saisi l’histoire de la mode sur pellicule m’appelait toujours «mon enfant», même si je le connaissais depuis trente ans. C’était l’original sur son biclou… Il prenait en photo les personnalités mondaines, les excentriques de Manhattan et, surtout, il savait renifler les tendances de la rue, planté à son croisement préféré, à l’angle de la 57e rue et de la 5e avenue. «Je n’ai jamais été un paparazzi», disait Bill Cunningham. Il s’est pourtant débrouillé non seulement pour photographier les…