La conquête de l’Algérie, en 1830, ouvre la voie aux premiers candidats à l’émigration. Aventuriers, idéalistes, ventres creux, laissés-pourcompte, ex-taulards, profiteurs, excentriques, ce sont surtout des Français qui emboîtent le pas des soldats. Ils sont 11 000 sur un total de 25 000 Européens en 1840, selon Joëlle Hureau, auteur de La Mémoire des Pieds-Noirs (Olivier Orban). C’est la faim, le chômage, les faillites, les drames familiaux ou sentimentaux, les démêlés avec la justice, l’opposition au régime politique, précise l’auteur, qui les pousse au voyage. D’après Charles-André Julien, auteur d’une Histoire de l’Algérie contemporaine (PUF), on comptait sur le sol algérien, en 1847, 47 724 Français, 31 528 Espagnols, 8 788 Maltais et 8 175 Italiens.
Ecoutons Joëlle Hureau : « Terre promise, l’Algérie l’a été, au début de l’immigration…
