“Il faut que tout change pour que rien ne change…” Un aphorisme en forme de paradoxe que Lampedusa, l’auteur du Guépard, met dans la bouche de Tancredi, le neveu du prince de Salina, lequel est effrayé de voir le monde s’effondrer sous ses pas. Écrit dans les années 1950, Le Guépard est un roman magnifique, plein de ces sentences dont on se demande comment on a pu se passer jusqu’alors, tant elles sont pertinentes.
Ainsi donc, Tancredi, le jeune et séduisant aristocrate gagné à la révolution garibaldienne, vient expliquer avec fougue à son oncle que, s’il veut survivre, il ne doit pas s’opposer à l’élan populaire en passe de submerger le pays, et en la circonstance la petite principauté sicilienne sur laquelle règne la famille Salina depuis des temps immémoriaux,…