On était prévenu : lever 5 h, rapide collation et départ 5 h 30, dans une pénombre laiteuse. Quatre touristes maximum, Nicolas, le guide, en serre-file et Gabin, le pisteur. Il sera nos yeux et nos oreilles. Cette forêt du Parc national d’Odzala-Kokoua – classé au patrimoine mondial de l’Unesco – est la plus grande après l’Amazonie. Impénétrable et sauvage, altière et intimidante, adoucie par de rares percées, elle retentit de bruits et de sons, de cris et de palpitations. Succion de nos pas sur le sol mouillé, bourdonnement d’insectes, hurlements de singes, sifflement de la machette pour frayer un chemin. Pour ce matin, une demi-heure de marche seulement, une aubaine.
Gabin s’arrête, aux aguets. Interdiction de parler et obligation d’ajuster notre masque FFP2. En file indienne, dissimulés par les…