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L'Express

L'Express No.3591

Chaque semaine, vous retrouvez les grands thèmes de l’ACTUALITE politique, économique, sociale et culturelle DECRYPTES en toute indépendance par de grands EDITORIALISTES reconnus dans leur domaine d'expertise. Des grands dossiers, des enquêtes exclusives et des reportages inédits redonnent du SENS à l'actualité et vous permettent de mieux COMPRENDRE le monde actuel.

Land:
France
Taal:
French
Uitgever:
Groupe Express Roularta
Verschijningsfrequentie:
Weekly
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26 Edities

in deze editie

16 min.
« le procès fait à la mondialisation est absurde »

La pandémie qui sévit depuis quatre mois est pour certains l’occasion d’instruire à nouveau le procès de la mondialisation. Ce lien vous paraît-il justifié ? Nicolas Baverez Ce procès est inévitable, mais il est absurde. La crise que nous vivons est unique et sans précédent par sa soudaineté, sa violence et son caractère universel. Mais voir en elle le fruit empoisonné d’une mondialisation responsable de tous les maux de la planète n’a pas de sens. D’abord parce que celle-ci n’est pour rien dans la crise sanitaire : elle n’a pas engendré le Covid-19. Ensuite parce que la mondialisation telle que nous l’avons connue dans la dernière décennie du xxe siècle et la première du xxie siècle était déjà morte avant l’épidémie de Covid-19, désintégrée par le krach de 2008 ou,…

7 min.
relocalisations : du mirage à la réalité

Certains fanfaronneraient sur le mode « je vous l’avais bien dit ». D’autres rongeraient leur frein, aigris de ne jamais avoir été écoutés. Eric Burnotte, lui, travaille. Il creuse son sillon, essaie de fédérer autour de lui quelques-uns de ses concurrents avec un objectif en tête :rapatrier en France une partie de la production électronique, délocalisée depuis longtemps sous des cieux exotiques. Ce que le patron d’Alliansys, un sous-traitant installé à Honfleur (Calvados), redoutait depuis des lustres s’est matérialisé avec la crise du coronavirus. Sa chaîne de fournisseurs – il en compte près de 300 ! – s’est brutalement rompue en début d’année. Il faut dire que la quasi-totalité des composants qu’il achète viennent d’Asie, et notamment de Chine. Il a bien essayé de trouver des solutions de remplacement. Mais,…

4 min.
la révolution de la concurrence n’aura pas lieu

Si la pandémie a bousculé ses certitudes, sur le fond, elle n’a pas changé d’un iota. La commissaire à la Concurrence et vice-présidente de la Commission européenne a gardé son sourire avenant, ses tenues colorées et plus encore son intransigeance vis-à-vis de ceux qui essaient de tordre le droit régissant la compétition entre les entreprises du Vieux Continent. « Les instruments mis à la disposition des pays pour sortir de la crise ne doivent pas être détournés pour s’affranchir des règles de la concurrence », martèlera Margrethe Vestager tout au long de l’interviewexclusive accordée à L’Express. Dans le viseur de l’ancienne ministre de l’Economie danoise, la tentation, pour certains Etats membres – au premier rang desquels la France –, de renforcer le capital de leurs fleurons, voire de les nationaliser…

4 min.
la force la plus progressiste de l’histoire

Spécialiste de la pauvreté, le « Prix Nobel » d’économie Angus Deaton a une bonne blague : si la mondia lisation est un complot néolibéral destiné à enrichir un petit nombre aux dépens des autres, alors ce complot a échoué piteusement. A chaque crise pourtant, elle est le parfait bouc émissaire. A droite, on la rend coupable de l’immigration et de l’érosion des valeurs nationales. A gauche, on l’accuse d’inégalités et de flux financiers débridés. En trois décennies, le terme « mondialisation » a pris une tournure péjorative. Une mauvaise réputation qui contraste avec son bilan spectaculaire depuis la chute du mur de Berlin et l’essor d’Internet. En 1990, plus d’un tiers de la population mondiale vivait dans l’extrême pauvreté. Aujourd’hui, c’est 1 habitant sur 10, alors qu’il y a…

5 min.
le crépuscule d’edouard philippe

Comment « s’adresser aux Français ? Avec des mots justes, une forme de lucidité assumée et de sobriété, à concilier avec la définition la plus claire de l’objectif qu’on veut atteindre. Les hommes politiques les plus crédibles sont ceux qui parlent le mieux. » Qui correspond à cette définition ? Edouard Philippe. De l’avis de nombreux observateurs, le Premier ministre, en cette période troublée, excelle dans l’art d’exposer la situation avec une clarté et une empathie que peu décèlent chez son supérieur hiérarchique. Et qui a énoncé ce bref traité de l’expression politique ? Le même, devant nous, deux jours avant son entrée à Matignon. Pouvait-il imaginer que sa crédibilité serait jugée, mesurée, à l’aune de la gestion d’un marasme provoqué par un virus du nom de sa boisson favorite,…

4 min.
l’illusion de l’union nationale

Quelques mots lâchés devant 37 millions de Français (« avec toutes les composantes de notre nation, je tâcherai de dessiner ce chemin »), et Emmanuel Macron, le 13 avril, a laissé entendre qu’il allait innover. Au moins le verbe employé – « je tâcherai » – est-il le bon. La tâche s’annonce en effet ardue : depuis les débuts de la Ve République, les chefs de l’Etat ont souvent rêvé de cette union sacrée, qui n’exista en France qu’au début de la Première Guerre mondiale, ou de cette union nationale, qui permit au gouvernement provisoire d’entamer la reconstruction du pays à la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Tous derrière moi » : ils en ont rêvé – on peut comprendre pourquoi – et, à chaque fois, ils se…