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Sept

Sept

No 34
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Sept mook est le trimestriel du site sept.info, site de slow journalisme basé en Suisse. Ne laissez pas la réalité se résumer à l'actualité.

Les mer
Land:
Switzerland
Språk:
French
Utgiver:
Sept.ch, SA
Hyppighet:
Quarterly
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2 min.
notre manifeste sept, le meilleur du slow journalisme francophone

Osons être utiles. Notre mission n’est pas de vous distraire. Le journalisme utile que nous pratiquons ne veut cependant pas dire journalisme utilisé ou utilitaire. Nous sommes utiles parce que nous éclairons notre temps de manière intelligible et que nous vous permettons de mieux le comprendre pour faire de vous des citoyens avisés. Osons l’excellence. Nous pratiquons un journalisme de qualité. Un journalisme vrai qui coûte plus cher qu’une information prémâchée par des agences de communication ou des gouvernements. Qui ne dépend pas que du seul journaliste. Nos équipes sont multiples: correcteurs, relecteurs, éditeurs, journalistes, photographes, graphistes, multimédiamaticiens, fact-checkers … Ensemble, nous travaillons pour vous livrer un produit artisanal digne d’une appellation d’origine protégée. Voilà pourquoi nous portons le plus grand soin à la forme de nos contenus. Osons innover. Nous améliorons…

3 min.
patrick vallélian

Chère lectrice, Cher lecteur, C’est le paradoxe «Albert Londres». Si ce grand reporter (1884-1932) auquel nous consacrons le 34e opus de notre Sept mook , fait figure encore aujourd’hui de modèle d’un journalisme d’investigation au service de la vérité, sa mort tragique en 1932 fut l’objet à l’époque d’une avalanche de fake news plus abracadabrantesques les unes que les autres. Rien ne fut d’ailleurs épargné à notre pauvre Albert dont le corps a été avalé par les eaux sombres du golfe d’Aden. Ni les batailles d’experts. Ni la récupération idéologique par une droite qui dénonçait un attentat des communistes chinois et par une gauche qui pointait du doigt des trafiquants de drogue. Ni les témoignages bidon alors que les causes de l’accident étaient largement plus… prosaïques, comme le révèle Bernard Cahier après…

6 min.
ils bombardent reims…

Ils ont bombardé Reims et nous avons vu cela! Nous venions d’Epernay. Notre cœur déroulant sans cesse en nous les multiples vues de la guerre, nous allions sans quiétude mais sans déchirement nouveau. Cette partie de la Champagne avait retrouvé son silence. Nous espérions ne plus souffrir aujourd’hui. La route montait, se détournait, traversait les bois, nous nous laissions descendre doucement dans l’oubli comme l’on met un liniment sur une plaie. Reims nous apparut à quinze kilomètres. La cathédrale profilait la majesté de ses lignes et chantait dans le fond de la plaine son poème de pierres. Nous avancions. Notre ami nous frappa brusquement du coude: «Regardez, nous dit-il, ça fume.» Ça fumait. Les panaches gris sale s’élevaient derrière les tours. Les coups du bombardement nous parvenaient. Nous n’avions pas encore entendu ces…

16 min.
inédit

En pleine guerre, en mai 1916, la France et la Grande-Bretagne signent secrètement un accord de partage du Proche-Orient: les accords Sykes-Picot. En 1919, la toute jeune Société des Nations (SDN) valide cet accord en attribuant aux deux puissances des mandats de gestion sur la région. A la fin de l’année, la Grande-Bretagne, qui a occupé le terrain militairement jusque-là, se recentre sur les territoires qui lui sont dévolus et qui, comme par hasard, assurent la protection de la route des Indes: Palestine, Egypte (et Irak, pour le pétrole)… Avant de laisser à la France la part qui lui revient, elle prend soin de placer à Damas un jeune roi venu d’Arabie: Fayçal. Lawrence d’Arabie est de l’aventure. Fayçal est l’un des fils de Hussein, chérif de La Mecque, auquel…

9 min.
djibouti-la-jolie

Djibouti est un paradis. Cette opinion mettra hors d’euxmêmes tous ceux qui, depuis quarante ans, proclament que Djibouti est une chaudière. La chose, cependant, est affaire de comparaison. L’étourdi garçon qui laisse Paris au printemps pour venir vivre sa vie à Djibouti a le droit de penser à sa façon. Il n’en pensera jamais trop. A lui les invectives! Mais l’homme égaré qui, de bateau de pèlerins en sambouk , de sambouk en vieux tombereau de mer, arrive de Djeddah, d’Hodeidah, des Farsans, des Dahlak et de Massouah, cet homme a le devoir de crier: «Djibouti, quelle oasis!» Voyageurs en escale, ne blasphémez plus. Rien ne vaut un séjour à Djibouti. On y compte, dites-vous, quarante-quatre degrés à l’ombre? Qu’est-ce que cela peut vous faire puisqu’il n’y a pas d’ombre? Regardez:…

38 min.
du bagne aux ténèbres de l’eldorado

Disons-le d’emblée, l’esprit d’Albert Londres n’est pas mort. Cette flamme d’«aller voir», cet élan d’empathie et de curiosité, cet appétit pour l’histoire immédiate, cette envie insatiable de témoigner se retrouvent dans maints reportages, ici ou là-bas, jusqu’aux antipodes, dans les livres aussi, en une fringale de parcourir le globe mais pas seulement. Car le reportage est d’abord et surtout une manière de voir le monde, d’en rapporter les saveurs, des portraits, des histoires, des tranches de vie, grandeurs, servitudes et décadences, que l’on soit au fin fond du Sahara ou dans une banlieue, sur un terrain de guerre ou dans un atelier d’artisan du Jura. J’ai toujours été fasciné par la réplique d’Albert Londres à un rédacteur en chef de L’Eclair qui voulait corriger son papier, en 1923: «Le grand…