Qu’elle soit associée au paysage, à la biosphère ou à l’environnement, l’idée de nature s’inscrit toujours dans une culture. « Longtemps sillonnée par les artistes qui entreprenaient le Grand Tour, arpentée par les peintres d’après nature, elle est devenue plus qu’un sujet de représentation, se faisant support, muse et matériau de création », introduit Muriel Berthou Crestey au sujet de son dernier champ d’investigation sur les processus de la création contemporaine. Sous la plume de cette docteure en esthétique, philosophe et historienne de l’art, le land art retourne tout d’abord à ses racines, à la fin des années 1960. Avec l’objectif d’échapper au marché de l’art, ses pionniers s’affranchissent des lieux d’exposition pour investir déserts comme forêts, employant terre, végétaux, plumes ou rochers, convoquant le vent, la condensation, la gravité…