Rendez-vous « devant l’église ». Depuis toujours, Gérard Manset vit dans ce coin de Paris, très pratique pour prendre la tangente. Du côté de la porte de Saint-Cloud, il promène sa longue silhouette, lunettes fumées, casquette sur la tête, « en émerveillement quotidien » devant la beauté du monde. Manset n’est pas un béni-oui-oui pour autant. De son repaire, il observe, il mesure et, quand il le veut, il défouraille. Cela a donné des disques immenses : « Matrice », en 1989, « Obok », en 2006, et des voyages plus intimes comme le luxuriant « Opération Aphrodite », en 2016. À chaque rencontre avec l’artiste, ce sentiment de côtoyer un être déconnecté de notre réel, dans sa bulle, mais en pleine prise avec le monde. Manset honnit les réseaux…