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Valeurs Actuelles

Valeurs Actuelles HS Juin 2015

Retrouvez chaque semaine, dans Valeurs Actuelles, l'essentiel de l'information politique et financière.Sous le double signe de la réflexion et du sérieux de l'information, Valeurs Actuelles vous donne un point de vue unique, sans conformisme, sur l'actualité.

國家/地區:
France
語言:
French
出版商:
Valmonde et Cie
頻率:
Weekly
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52 期號

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“à la gloire de dieu”

Sous ces “flèches uniques au monde”, on est venu chercher au long des siècles la source de la beauté, l’inspiration d’une espérance… « Un homme de chez nous, de la glèbe féconde A fait jaillir ici d’un seul enlèvement, Et d’une seule source et d’un seul portement, Vers votre assomption la flèche unique au monde. [… « Un homme de chez nous a fait ici jaillir, Depuis le ras du sol jusqu’au pied de la croix, Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois, La flèche irréprochable et qui ne peut faillir. » Ici, c’est Chartres, et c’est Péguy. Sa flèche est celle de toutes les cathédrales, élevées vers le ciel dans un élan figé pour l’éternité, à la gloire de Dieu et à la gloire des hommes. Elles…

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aux racines du ciel

Je me souviens d’une messe dans la cathédrale Saint-Georges-des-Maronites à Beyrouth. Liturgie garantie d’époque, canonnade alentour. Les psalmodies des moines soldats maronites rendaient un écho tragique au martyre de nos frères dans la foi sur les lieux où le Christ fit escale ici-bas. Dans la cathédrale de Libreville j’ai cru apercevoir deux fantômes héroïques en uniforme : Leclerc et d’Argenlieu. Celles de Dakar ou de Luanda rappellent l’Œuvre non moins héroïque des missionnaires : catholicité à la mode africaine, toute en verdeur. Dans la basilique de Yamoussoukro, elle se veut carrément ostentatoire, pour signifier aux divinités animistes qu’elles devront s’accommoder d’un Dieu commun à tous. L’exubérance du baroque m’a émerveillé dans les cathédrales de Salvador de Bahia, de São Luís, de Cuzco, d’Asunción : catholicité latino dans toute sa splendeur,…

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la lumière, même la nuit

PHOTOS :SOUVANT GUILLAUME/SIPA ;AFP…

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un blanc manteau de cathédrales

Sur les 95 diocèses, « l’État est propriétaire, en métropole, de 87 cathédrales » (circulaire du ministère de l’Intérieur, mai 2009). Aux 84 cathédrales classées monuments historiques et confiées, depuis 1912, au ministère de la Culture, se sont ajoutées, après la Première Guerre mondiale, celles de Metz et de Strasbourg, puis la basilique de Saint-Denis, cathédrale depuis 1966. Il en existe 67 autres, pour la plupart propriétés de communes — la cathédrale d’Ajaccio appartenant, elle, à la Région Corse. C’est le cas des églises construites avant 1905 et érigées en cathédrales lors de la création de nouveaux diocèses, telles celles de Pontoise (1965), de Nanterre (1966) ou du Havre (1974). Saint-Louis-des-Invalides est la cathédrale du diocèse aux armées et Pontigny celle de Mission de France. Celle d’Évry (1995) appartient à…

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une géographie sacrée

« En arrivant dans un pays, c’est la première chose qui frappe, elles dominent le paysage, elles en sont le centre », soulignait l’historien de l’art Louis Gillet (1876-1943) à propos des cathédrales. Ces “dentelles de pierre” sont indissociables, en effet, des lieux où elles ont été édifiées. Les raisons qui présidèrent au choix de leur emplacement n’ont cessé de diviser les spécialistes. Les uns, à l’instar de l’architecte Roland Bechmann, insistent sur les contraintes matérielles — financières et logistiques. Les autres, sans forcément nier ces facteurs, mettent en avant des critères esthétiques, symboliques, religieux. “En harmonie avec le ciel et la terre”… Tout édifice de culte est indissociable de la notion de sacré. Mais est-ce l’édifice qui sacralise le lieu, ou le lieu qui sacralise l’édifice ? Ou, du moins,…

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un grand rêve de pierre

Ogival, rayonnant, flamboyant, monumental… Aucun superlatif n’apparaît excessif pour qualifier le gothique. Il fut le grand art du Moyen Âge. Surtout, ainsi que l’indique son nom d’origine, francigenum opus, il fut le grand “art français” par excellence. Et ce jusqu’à ce que les Italiens du quattrocento et de la Renaissance ne le qualifient de “gotico”, le renvoyant ainsi à une douteuse origine tudesque, faisant elle-même écho aux deux sacs qui ravagèrent Rome à plus d’un millénaire de distance : celui de 410 par les Wisigoths d’Alaric et celui de 1527 par les lansquenets de Charles Quint. Dès lors, les cathédrales gothiques n’apparaîtront plus que comme le legs des “âges obscurs”, que dédaignera l’âge classique. Il faudra attendre le milieu du XVIII siècle pour que, timidement, les maîtres de l’architecture néoclassique, dont…