C’est un vieux fantasme. “Il manque aux rosiers des enzymes clés, dont la flavanone, nécessaire à la synthèse de la delphinidine, le seul pigment bleu des plantes à fleur”, explique le biologiste Mohammed Bendahmane (ENS-Lyon). Des générations de passionnés se sont approchés, au mieux, de teintes violacées, ternes et délavées, y compris l’équipe de scientifiques japonais, qui a obligé une rose à produire par transgenèse la delphinidine. “La biosynthèse de la couleur dépend d’une myriade de paramètres biochimiques, tels que le pH ou la température au sein du pétale, dont on ne comprend pas encore toutes les subtilités”, regrette Jean-Claude Caissard (université de Saint-Étienne). Reste, pour se consoler, à tremper une rose blanche à peine éclose dans de l’encre bleue.…