Lunettes à épaisse monture, chemise, pantalon et baskets de couleur noire, Douglas Kennedy nous attend de pied ferme. Emploi du temps serré, promo au cordeau. Déjà seize ans qu’il séjourne dans la capitale française. D’abord dans un appartement à Saint-Germain-des-Prés, «un peu cliché», avoue-t-il, puis près du Canal Saint-Martin, «un quartier bobo, certes, mais qui reste réel, populaire». Il nous propose immédiatement, «en bon Américain», un café. On décline, un verre d’eau suffira. S’ensuit une longue conversation en français, langue qu’il maîtrise parfaitement, sur le canapé de son salon au design irréprochable : sobriété chromique, table Saarinen, étagères généreusement servies de livres. C’est sur ce même canapé qu’il écrit chaque jour ses quatre pages rituelles. Dans un coin, une cuisine où s’alignent des bouteilles de whisky du monde entier et…