Anastasie ne meurt jamais
Prénom en vogue dans les vaudevilles du XIXe siècle, Anastasie devient le nom de baptême de la censure sous la Troisième République. Le 19 juillet 1874, André Gil, l’un des plus célèbres dessinateurs de presse, croque à la une de L’Éclipse, un journal satirique, Madame Anastasie, une vieille bignole inquiétante, les doigts crochus, affublée d’une chouette sur l’épaule et d’une paire de ciseaux démesurément grande, prête à ratiboiser tout ce qui doit l’être. La caricature reprend un dessin d’Alfred Le Petit, paru dans Le Grelot le 10 mars 1870. Intitulé « La liberté de la presse », il montre une grand-mère apparemment dépassée, qui tente de maîtriser un enfant, visiblement fougueux et énergique, habillé aux couleurs des quotidiens de l’époque. La République à naître a promis…
